A la découverte du Maroc : Ouarzazate et le couscous

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En balade ce week-end est une chronique de l'émission Europe Matin - Week-end - 6h-9h
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Tous les samedis et dimanches, Vanessa Zhâ et Olivier Poels nous font découvrir quelques pépites du patrimoine français. Aujourd'hui, nous traversons la Méditerranée pour une pause ensoleillée au Maroc.

Le week-end dernier c’était au froid, en Finlande, que vous nous emmeniez. Et ce matin on part palper la chaleur du Maroc Vanessa. 

Après le sauna finlandais, c’est au tour du couscous d’être inscrit sur la liste du Patrimoine immatériel de l’Unesco ! C'est un bon prétexte pour se balader au Maroc. Mais moi, je vous emmène loin de Marrakech ou d’Essaouira, qui ont certes le vent en poupe, mais qui sont quand même assez envahi par les touristes. Nous on se pose, on se repose même, dans un endroit plus authentique, serein, au sud du pays : Ouarzazate (qui, en berbère, veut dire "Ville sans bruit"). 

Et cela ressemble à quoi ? 

Vous êtes aux portes du désert, dans une atmosphère nomade assez particulière, que vous palpez au 1er coup d’œil. La vieille ville, le Ksar, est ocre, tout en pisé, ce mélange de terre et de fouin coupé. Et en plein milieu : une très belle Kasbah, l’équivalent de nos châteaux fort au moyen-âge. Mais pas n’importe laquelle, c’est la Kasbah de Taourirt, la perle de Ouarzazate pour les Marocains, classé aussi à l’Unesco.

Cette maison fortifiée était la très riche demeure du pacha El Glaoui, qui régnait sur tout le sud du pays. Il était surtout l’œil de Moscou des Français, en pleine époque coloniale. Et ce qu’il y a d’intéressant quand vous visitez la Kasbah, outre le fait que ses murs en stucs sont superbes, c’est qu’elle était déjà très moderne, écologique, alors qu’elle a été construite au 17e siècle. Il y avait déjà un système de ventilation : vous verrez, ce sont de simples ouvertures dans le sol qui permettaient à l’air frais de pénétrer tout en chassant l’air chaud.

Un petit côté Lawrence d’Arabie souffle dans le studio d’un seul coup.

Et plus que vous ne pensez ! Une grande partie du film a été tourné à Ouarzazate et aux alentours. C’est lui qui a d’ailleurs lancé cette industrie des tournages hollywoodiens dans la région, dès les années 60. Et c’est toujours l’Hollywood marocain d’ailleurs. Savez-vous comment on l'appelle ? "Ouarzawood" ! Il y a eu de grands films : Gladiator, Alexandre, Mission Cléopatre, Babel, Inception, Prison Break, Game of Thrones, l’Arnaqueur... Sans compter évidemment une vingtaine de films bibliques.

Bon, ce n'est pas pour autant qu’il y a un cinéma en ville. En revanche, il y a un musée du cinéma, assez décalé, avec des décors de cinéma plus vrais que nature, mais en carton pâte : un temple, une rue antique, une prison… Et puis, en sortant de la ville sur la route de Marrakech, vous avez même les studios de cinéma : L’Atlas Corporation Studios. Là, on est plus sur les décors de péplum. 

Et ca vaut le coup de rester sur Ouarzazate ? 

Deux jours c’est bien. Vous arpentez la ville fortifiée, le Ksar, vous flânez dans la médina, dans les ruelles, les souks pour faire vos achats d’épices ou d’artisanat, ou simplement vous imprégner dans la vie marocaine. Mais seul, sur ce coup-là on évite le guide, c’est l’arnaque assurée.

Et après, on part découvrir les alentours. Déjà le désert : ambiance vent doux, c’est une expérience, rien que d’aller passer une simple nuit en bivouac, c’est assez magique ! Pour ça, il faut partir vers l’est, du côté de Merzouga, dans les dunes de l’erg Chebbi.

Et puis, comme Ouarzazate est au carrefour des vallées du Draa et du Dadès, il faut suivre les oueds, longés de vergers, de champs de palmeraies. Au sud de Ouarzazate, coté Draa, c’est un chapelet de villages et de ksours qui s’enchaînent, tous aussi cinégéniques les uns que les autres. Et puis, coté Est, les gorges du Dadès, c’est le kiff pour les randonneurs. 

Des conseils pratiques pour ce voyage ? 

L’incontournable Berbère Palace. Vous êtes sûr de tomber sur des stars de cinéma. Sinon plus secret, le petit Riad, beaucoup de charme, pas kitsch du tout, avec un patio couvert, et une petite piscine dans une cour. Fatima, la maitresse des lieux, en plus d'être la première guide touristique, est une très bonne cuisinière. Et c’est la saison pour y aller, parce que même si c’est on est sur un plateau à 1.200 mètres d’altitude, c’est intenable l’été. Pour préparer votre séjour : www.visitmorocco.com