Le Tour vient de donner la meilleure réponse possible à ses détracteurs

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin revient sur la victoire inattendue du jeune slovène Tadej Pogacar sur le Tour de France. Alors que chacun misait sur l'évidente victoire de Primoz Roglic et de son équipe Jumbo Visma, il a créé la sensation. Grâce à ce final haletant, le Tour de France a apporté la meilleure réponse possible à ses si nombreux détracteurs cette année.

Le Slovène Tadej Pogacar remporte le Tour de France. Il a renversé le leader Primoz Roglic samedi dans une étape dingue, avant d’aller cueillir ses lauriers ce dimanche sur les Champs-Élysées. Pour Virginie Phulpin, le Tour de France a apporté la meilleure réponse possible à ses si nombreux détracteurs cette année.  

Excusez-nous messieurs, mais oui, nous, pauvres petits mortels amoureux du Tour de France, on a chaviré ce week-end. On était peut-être affalés sur nos canapés, comme certains d’entre vous aiment tant nous caricaturer. Mais qu’est-ce qu’on a vibré... Vous devriez essayer de vivre ce genre de moments, parfois, Virginie Phulpin est persuadée que ça vous ferait du bien. Voir un coureur de 22 ans aujourd’hui s’imposer contre toute attente, c’est une façon de croire à nouveau que tout est possible dans la vie. Ça nous change du refrain morose de cette année 2020.

Pourtant on était un peu blasés avant cette étape de samedi. On était persuadés de connaître déjà la fin de l’histoire, le sacre annoncé de Primoz Roglic et de son équipe Jumbo Visma qui nous sortait un peu par les yeux, avec sa suffisance, son emprise sur le peloton et les soupçons qui accompagnaient ses démonstrations de force.

Et puis là, un gamin slovène est venu renverser le plateau promis à son compatriote. Tadej Pogacar nous a transportés. Transportés de joie devant un final inattendu, et transportés des années en arrière. Virginie Phulpin est sûre que dans de nombreuses familles, on s’est passé un petit coup de fil pour se rappeler le souvenir du Tour 1989. Les plus jeunes peuvent enfin comprendre ce que leurs aînés ont vécu quand Greg Lemond a soufflé la victoire à Laurent Fignon pour une poignée de secondes.

Oui, messieurs, c’est ça aussi, le Tour, un partage entre générations au cœur du paysage français, si français. C’est beau, le sport vu comme ça.  

Et puis le fait que l’équipe Jumbo Visma ne remporte pas le Tour est une bonne nouvelle aussi.

Cette équipe si sûre d’elle n’a fait qu’alimenter les soupçons, tant elle nous a rappelé l’US Postal de Lance Armstrong. Tout écraser sur son passage, jouer les tyrans dans le peloton, tout y était. Quand on croyait la victoire acquise à cette équipe bâtie sur les ruines dopées de la Rabobank, oui, on avait du mal à se réjouir pleinement. Tadej Pogacar nous a évité ça.

Virginie Phulpin ne sait pas s’il est propre ou pas. Il a apporté un vent de fraîcheur, mais le soupçon est toujours là. Il accompagne chaque vainqueur du Tour, la faute à une histoire trop souvent nourrie de scandales. Vous voyez, messieurs les détracteurs, la passion n’empêche pas la mesure.

En tout cas, beaucoup moins que l’aigreur, visiblement. Virginie Phulpin ne sait pas à quoi ressembleront les lendemains du Tour, ni nos lendemains à tous, mais laissez-nous profiter de ce moment de bonheur, d’une boucle bouclée en pleine pandémie qui nous redonne un peu d’espoir.