Football : un meilleur accompagnement des jeunes en centre de formation est nécessaire

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi soir, l’OM reçoit Manchester City en Ligue des champions. Le club anglais est en deuil. Un jeune joueur de 17 ans, un ancien de son centre de formation, s’est suicidé. Il n’a pas supporté de ne pas avoir intégré le groupe professionnel du club. Pour Virginie Phulpin, il y a urgence à mieux accompagner les jeunes aspirants footballeurs.

Il faut les protéger, ces gamins. Et la mort de Jeremy Wisten est la preuve tragique qu’on n’en fait pas assez pour les accompagner.

Il est arrivé au centre de formation de Manchester City à 13 ans, mais au bout de quatre ans, il n’a pas été retenu pour intégrer le groupe professionnel. Et il a fait une dépression, comme beaucoup d’aspirants footballeurs. Ces enfants, parce qu’à leur arrivée au centre de formation, ce sont bien des enfants, ils sacrifient beaucoup pour leur rêve de football. Le club qui les accueille n’est pas forcément à côté de chez eux, donc ils quittent leur famille et leurs amis. Ça n’est pas facile à cet âge-là. Ils vont évidemment à l’école en parallèle de leur formation, mais ça n’est pas leur priorité et on ne peut pas leur reprocher.

Eux, ce qu’ils visent, ce qui fait briller leurs yeux d’enfants, c’est le football. En plus, ils sont plongés dans un environnement extrêmement concurrentiel. Ils doivent se battre pour réussir sur le terrain et être meilleurs que les autres. Il ne faut pas négliger cet aspect-là, il y a une part de leur innocence qui disparaît alors qu’ils sont encore tout jeunes. Comme si d’un seul coup, trop vite, ils intégraient un monde d’adultes. 

Dans les centres de formation, il y a peu d’élus qui intègrent le foot professionnel. 

Oui, bien sûr, ça leur est répété tout le temps. On ne cherche pas à les leurrer dans les centres de formation. Mais encore une fois, ils sont petits. Donc chacun pense qu’il va faire partie de ces élus. Vous ne pouvez pas demander à des gosses qui ont des rêves plein la tête d’avoir le recul pour se dire qu’ils vont peut-être échouer et que ça ne sera pas grave.

Que les clubs pensent à ne pas passer à côté de la perle rare, c’est normal. Mais ils doivent respecter les autres aussi, et les accompagner psychologiquement de manière plus efficace. Des jeunes qui ne passent pas le cap du centre de formation, il y en a des milliers. Ceux-là doivent être suivis au moment de leur sortie. Il faut les aider à se reconstruire. Certains peuvent trouver un club moins huppé et continuer leur rêve, il faut les aider à en prendre conscience. Et les autres, ceux qui ne se voient plus d’avenir parce qu’ils ont passé des années à se focaliser uniquement sur le football, ceux-là, et leurs parents, doivent être accompagnés plus sérieusement.

Devoir abandonner ses rêves à 17 ans, c’est d’une extrême violence, et ça mérite un vrai suivi. On ne peut pas les laisser tomber comme ça.