Opération reconquête pour Emmanuel Macron

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Le fait politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Opération reconquête lancée par l’Élysée. Elle vise à changer l’image du président de la République auprès des Français le jugent distant et arrogant.
On a vu le début de cette opération aux Antilles, d’autres sont prévues. Michaël Darmon nous raconte l’envers du décor.

Tout d’abord, c’est une information, cela fait plusieurs mois que cette opération est envisagée. Les affaires Benalla et autres polémiques ont eu un rôle d’accélération, mais Emmanuel Macron et une partie de ses équipes avaient pointé un décrochage sur l’image présidentielle dès le printemps.
C’est donc à l’automne que le chemin de contrition va s’intensifier, tout en affirmant que sa politique ne changera pas.

Emmanuel Macron traite son propre cas par quelques étapes symboliques.
Le 4 octobre, le président se rendra à Colombey les Deux Églises, sur la tombe du Général de Gaulle, pour le 60e anniversaire de la Constitution. Ce déplacement a une valeur symbolique, le chef de l’État veut revenir aux sources de la Ve République.

Autre temps fort, l’itinérance (le mot est de l’Élysée) de novembre dans l’Est et là aussi, c’est tout un symbole. Six jours de déplacement présidentiel dans les lieux touchés par la première guerre mondiale et qui restent encore avec une plaie économique et territoriale vivace. Des lieux où jamais un président n’a mis les pieds, précise-t-on autour du président.
L’occasion de croiser à la fois les enjeux de mémoire, de l’Europe et du renouveau économique.

Le bilan du président après un peu plus d’un an de mandat, reprendre les codes classiques de l’attitude présidentielle en Ve République ?

Les Français sont ainsi. La verticalité assumée depuis son élection, qui a pu plaire, lui est en partie reprochée.

Or, hasard du calendrier, Emmanuel Macron va aller chercher de l’inspiration devant La Croix de Lorraine gaulliste.

Lorsque Nicolas Sarkozy avait lui aussi voulu redresser son image, à pareil stade de son mandat, il s’était rendu aux Glieres en Haute Savoie, un haut lieu de la résistance. Il en avait fait ensuite un rituel du off présidentiel pour expliquer sa politique.

Ce week-end, Emmanuel Macron dans son périple antillais a multiplié les contacts directs avec les Français et souhaite d’ailleurs plus de rencontres et moins de bains de foule.

Les accueils toujours directs et chauds des régions tropicales sont toujours des sources de réconfort pour les présidents français en difficulté et le déplacement ne peut se réduire à une séance photo dont le président a le secret.
De même que les références gaulliennes, même au 21e siècle, sont toujours en top 50 des statures politiques.

Ces outils sont utilisés par Emmanuel Macron et illustrent ses deux facettes, à la fois chef d’État dans un monde nouveau et président vintage.