Crise sociale : quelle est la réponse politique alors que des élus sont désormais visés ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

L’acte 13 des Gilets jaunes a montré la virulence des attaques contre les institutions et les symboles de la démocratie avec des rassemblements notamment devant l’Assemblée nationale et le Sénat.
Il y a donc urgence à décider de la manière de sortir de cette crise mais le président semble prendre son temps.

 

 

Les périodes de crise sont très intéressantes, ce sont des accélérateurs de particules qui permettent de révéler les comportements.

Sur le bureau du président de la République, il y a un certain nombre d’options et étonnamment beaucoup d’hésitations. Un ou même deux référendums sont à l’étude. Pour découpler des questions institutionnelles et fiscales sur deux scrutins, c’est une réflexion qui est menée.
Pour cela, il faudra que l’idée d’un double vote le 26 mai soit écartée.
Tout le monde s’y est mis, de Juppé à Bayrou en passant par Le Drian et Ferrand.

Autre axe peut-être par la loi, celui d’une puissante nouvelle phase de décentralisation. L’État pourrait transférer les grands sujets qui fâchent les citoyens comme la sécurité routière ou la fiscalité aux départements, régions et métropoles.
La question principale est celle de la prise de décision. Les hésitations et allers retours sont fréquents, ce qui complique la tâche.

Les Français montrent leur intérêt pour ce débat national, cela veut-il dire que la fin sera un tournant délicat à négocier ?

On est abreuvé de chiffres et d’analyses triomphales des pouvoirs publics sur le succès du débat. Ce n’est pas contestable mais il faut garder la tête froide. Plus le débat est suivi par les Français, plus les attentes sont élevées et plus les décisions qui devront être prises doivent être fortes.
On comprend que la dissolution de l’Assemblée n’est pas une option, d’autant que la droite elle-même espère qu il n’y en aura pas. Elle ne veut prendre le risque de devoir gérer un pays qui n’est pas en train de s’apaiser.

On l’a encore vu ces jours-ci, tout le monde a réagi à l’incendie de la maison de Richard Ferrand mais combien d’élus La République en Marche sont attaqués depuis des mois dans l’indifférence générale ?

 

La vie politique s’arrête chaque samedi, suspendue a décompter et subir les mobilisations et les affrontements. La République a attrapé la jaunisse.
Certes, les décisions que prendra le président devront être capables de soigner notre démocratie mais surtout, il faudra décider et agir vite.