Demain, la lingerie fera-t-elle sa révolution ?

, modifié à
  • A
  • A
3:06
En attendant demain est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Le temps des top modèles qui faisaient la pub pour la lingerie féminine avec des talons est révolu. Demain, l’inclusivité va bouleverser le marché de la petite culotte.

Révolu le temps des top modèles qui faisaient la pub pour la lingerie féminine avec des talons. Demain, l’inclusivité va bouleverser demain le marché de la petite culotte.

Les femmes normales ont pris le pouvoir. Corpulentes, aux peaux brunes ou noires, mûres, elles exhibent en mode quatre par trois et leurs différences pour vendre slips et soutiens gorges. Elles ont déboulonné  le diktat de la sacro-sainte taille mannequin 90-60-90,  censée définir les proportions de la femme idéale vue par l’homme. Un fardeau de la beauté parfaite et injuste. Toutes les enseignes de lingerie corrigent le tir avec des campagnes qui mettent en scène des mannequins qui ressemblent à des clientes lambda. Regarder la dernière pub d’Etam intitulée "Osez être soi", on y voit des femmes radieuses, bien dans leur corps, plurielles mais tellement loin des Bimbo aux formes affriolantes! C’est une révolution.

Qui est à l’origine de ce bouleversement ?

Les féministes de tous bords ! Il est révolu le temps en 1995 ou Eva Herzigova demandait aux hommes de la regarder dans les yeux alors que son wonderbra en mettait plein la vue. Terminée la femme objet dans les pub aux messages sexistes. La généralisation de  l’inclusion, le contraire d’exclusion, a accouché aux États-Unis du mouvement "body positive" pour aider les femmes à s’aimer telles qu’elles sont. En septembre dernier à Paris, un défilé dans la rue s’est attaqué aux canons de la mode avec des mannequins de 18 à 65 ans, femmes obèses, anorexiques ou des transgenres. Et le body positive est en train de gagner des batailles. Victoria Secret, la marque américaine, par exemple, a décidé d’arrêter  ces méga shows avec  ses anges, ces bombes atomiques comme on dit dans les vestiaires de foot pour vendre sa lingerie sexy. Ringard et surtout politiquement incorrect.

Les enjeux sont donc considérables pour les marques ?

De jeunes créateurs biberonnés à l’inclusion débarquent avec des lignes de lingeries soft, pas racoleuses,  compatibles avec toutes les morphologies et couleurs de peau. Les cadors historiques du marché sont bien obligés de suivre pour séduire les jeunes générations, très remontés contre les standards de beauté de l’ancien monde et les ressorts sexistes du marketing. Alors demain qu’une célèbre marque  Aubade, cesse de nous imposer une femme sans tête, au corps parfait pour nourrir les fantasmes masculins, d’accord. Mais pour contenter toutes les femmes, ce qui est légitime, messieurs les créateurs, ne nous inventez pas demain une lingerie "tue-l’amour",  Tous les corps supportent le sexy, l’inclusion peut aussi rimer avec séduction.