Quand la vague de chaleur affole la production d'électricité

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie. Mercredi, il revient sur le pic de consommation attendu jeudi à cause de la chaleur.

La canicule affole notre réseau électrique. RTE (le Réseau de Transport Electrique) attend un pic de consommation jeudi à 12h30 avec 58.000 megawatts. En cause, la clim et les ventilateurs.

Un degré au-delà des normales saisonnières représente 500 megawatts supplémentaires, soit l'équivalent de la moitié d'un réacteur nucléaire. Or cette semaine, on est dix degrés au-dessus des normales des saisons. Donc, c'est cinq réacteurs nucléaires en plus.

Cela pourrait-il poser problème ? Non, assure RTE. Mais, le réseau français est largement dimensionné. En hiver, le soir, lors de pic de froid, quand il s'agit de chauffer les appartements, et d'éclairer les rues, on atteint des pics à plus de 100.000 mégawatts. Mais avec ces canicules à répétition, on pourrait basculer vers ce que l'on appelle une consommation à l'espagnole, c'est-à-dire que les pics de consommation n'interviennent plus l'hiver, quand il fait froid mais l'été quand il fait chaud.

À chaque vague de chaleur, les gens s'équipent, d'abord en ventilateur, puis en climatisation, beaucoup plus vorace en électricité. Une climatisation consomme 25 à 50 fois plus d'électricité qu'un réfrigérateur. On voit bien la catastrophe arriver si la climatisation se généralisait comme aux États-Unis.

Outre-Atlantique, 90 % des logements individuels sont équipées. En juillet 2011, par exemple, à Philadelphie, la climatisation a représenté jusqu'aux trois-quarts de la consommation d'électricité de la ville. Mais la France en est encore loin : moins de 4 % des habitations individuelles sont climatisées. En revanche, ce taux progresse depuis la canicule de 2003. En Inde et en Chine, les gens s'équipent de plus en plus, moins de 10 % sont équipés. Déjà l'été, à New Delhi, la climatisation l'été représente 40 % de la consommation d'électricité.

Et donc, BP vient d'alerter en expliquant qu'on arrivait dans un cercle vicieux dans lequel, pour se protéger des effets du réchauffement climatique, on va consommer de plus en plus d'électricité en climatisation et donc... aggraver le réchauffement climatique. Sauf si l'électricité est propre.

RTE a diffusé un communiqué encourageant en ce sens. L'énergie photovoltaïque représentera jeudi plus de 10% de l'électricité disponible, ce qui est bien supérieur à la moyenne habituelle qui ne dépasse pas les 2%. Le photovoltaïque serait une solution pour contenir cette consommation liée à la climatisation.