Le marché des obligations, menacé par la crise du coronavirus

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Nouvelle forte baisse, lundi, de la Bourse de Paris, qui a perdu 5,75 %, soit une chute spectaculaire de plus de 35 % en un mois. Pour autant, ce décrochage n’est pas (forcément) très grave, car les entreprises peuvent très bien se passer de la Bourse.

En 1991, alors qu’Edith Cresson venait d’être nommée Premier ministre par François Mitterrand, la Bourse avait baissé. Elle avait alors déclaré dans Le Journal du Dimanche : "la chute de la Bourse, je n’en ai rien à cirer". Et elle n’avait pas tort ! Sur le plan opérationnel, ça ne change absolument rien  pour une entreprise que son cours de Bourse soit à tel ou tel niveau. C’est triste pour les actionnaires, mais pour la marche de l’entreprise ça ne change rien.

Le vrai marché vital pour une entreprise, ce n’est pas celui des actions…c’est celui des obligations. C’est quoi une obligation ? C’est un titre de dette, une reconnaissance de dette. Quand une entreprise s’endette, on dit qu’elle "émet une obligation". Et ça, c’est vital. Les entreprises ont besoin  en permanence de s’endetter pour gérer leur trésorerie, ou investir dans de nouveaux projets.

Le vrai risque – malheureusement avéré avec la crise du coronavirus - c’est que ce marché des obligations est en train de se fermer, notamment pour les entreprises les plus fragiles. Les entreprises les moins solides, n’arrivent plus à s’endetter…ou doivent payer des taux d’intérêts très élevés. Par exemple : les compagnies aériennes. On parle de faillite dans le secteur. Personne n’a envie de prêter de l’argent à une compagnie aérienne ? Ou alors à des taux très élevés.

Avec la politique de taux d’intérêts très bas menée depuis des années, on a un nombre incroyable, d’entreprises parfois – à peine rentable – mais qui survivent grâce à l’endettement. On les appelle les entreprises "zombies". Ce coronavirus pourrait bien décimer toutes ces entreprises – à peine rentables et surendettées – et qui aujourd’hui n’ont plus accès au marché du crédit.