Face aux surplus, les viticulteurs demandent à pouvoir changer le vin en gel hydroalcoolique

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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La filière viticole française, victime, à son tour, du coronavirus. Face aux invendus, les viticulteurs demandent à pouvoir transformer leurs surplus de vin…en gel hydroalcoolique.

Ça peut paraitre un crime de lèse, majesté ! A défaut de boire le vin, on va  s’en laver les mains ! Mais, nos viticulteurs ne savent plus que faire de leur stocks…les cuves  débordent. Il y aurait en France 300 millions de litres de vins en trop. Et au niveau européen. 1 milliard de litres en trop. Donc pourquoi ne pas distiller ce surplus ? C’est-à-dire qu’on récupère l’alcool, pour en faire du gel hydroalcoolique.

Pourtant, les  Français n’ont pas renoncé à boire du vin ! Au contraire, certains addictologues s’inquiètent de ces « apéros à rallonge » avec le confinement.

Oui, mais, c’est oublier, que les cafés et restaurants ont fermé. Ils représentaient un quart des  ventes. Les cavistes ont fermé. Alors,  c’est  vrai, les Français continuent de boire chez eux. Mais, en ces temps de confinement, c’est plutôt du vin ordinaire…On ne débouche ni champagne, ni grands crus. Et puis, sur une longue période, de toute façon, le marché français est en baisse. Depuis les années 60, la consommation moyenne d’alcool a été divisée par  deux. Et pour le vin, c’est divisé par 3. Jusqu’à présent,  nos viticulteurs avaient compensé avec l’export. Mais, le marché s’est fermé avec le coronavirus. Il avait même commencé à se fermer avant…avec la surtaxe de 25 % instaurée par Donald Trump aux  Etats-Unis, notre premier marché à l’export. Et puis, la Grande Bretagne souffre du Brexit. Et maintenant, c’est le coronavirus. Le risque, c’est de voir, toute cette clientèle étrangère se détourner durablement du vin français. Ça n’est pas anodin, je vous rappelle que la filière vin et spiritueux, génère un excédent commercial de plus de 10 milliards d’euros, c’est le deuxième plus gros excédent, après l’aéronautique. On sait que l’aérien, est sévèrement touché par le virus. Il ne faudrait pas que nous perdions là, l’autre domaine d’excellence de la France : notre filière viticole.