30 degrés en Sibérie : un "record" alarmant

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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La Sibérie fond et Vladimir Poutine s’inquiète des installations, mais se frotte les mains à l’idée d’ouvrir la route maritime du nord avec l’idée d’imposer un péage aux navires. Le français CGM, N°3 mondial des containers, promet que ses navires n’emprunteront jamais l’Arctique.

Record de température alarmant en Sibérie où le thermomètre a atteint la semaine dernière les 30  degrés Celsius sur les bords de l’Arctique. En temps normal, la température devrait être proche de zéro.

Les températures s’emballent en Sibérie où on a atteint les 30 degrés le 9 juin sur la petite base russe de Nizhnyaya Pesha. Au point qu’on l’a dit, ce dégel du permafrost,  du sol, est certainement à l’origine de l’écroulement d’une cuve diesel qui a relâché 20.000 tonnes de carburant  dans la nature. Vladimir Poutine a d’ailleurs ordonné une inspection générale de toutes les infrastructures dangereuses en Sibérie et menacées par le dégel.

Mais Vladimir Poutine voit également une opportunité dans le dégel de l’océan arctique : la création d’une nouvelle route maritime par le pôle nord.

Pour aller en Chine, plus besoin de passer par  le Canal Suez. Passez donc par l’arctique, le trajet y est plus court de 25%. Effectivement, comme pour le Canal de Suez, Vladimir Poutine veut d’ailleurs établir une sorte de péage pour les navires qui souhaiteraient longer l’articule russe. En poussant le bouchon, il pourrait même avancer un argument écologique. Un trajet plus court, ça veut dire moins de carburant et donc moins de C02.

C’est pour quand ? L’Arctique va réellement devenir la nouvelle grande route commerciale vers l’Asie ?

Fort heureusement, il y a des limites à tout. Le Français CMA-CGM, N°3 mondial du transport maritime, a dit que jamais ses porte-conteneurs n’emprunteraient cette voie maritime par le grand nord. Et ce, pour des raisons écologiques évidentes. L’arctique c’est le régulateur des courants marins, mais c’est aussi l’une des rares biodiversités encore préservées dans le monde. La bonne nouvelle c’est que cette position a été suivie par  d’autres armateurs mais aussi par les clients qui ne veulent pas être associés au massacre de l’Arctique. Donc, ça n’est pas une bonne nouvelle mais une consolation. On ne va ajouter le cynisme commercial à la destruction de la planète.