Jean-Luc Mélenchon a refusé l'invitation du débat de France 2

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Il refuse de devenir "de la chair à buzz", et critique la date choisie par France 2, trop proche, pour lui, du premier tour. France 2 y voir une vendetta.

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. Le débat que France 2 veut organiser le 20 avril entre les 11 candidats à l’élection présidentielle a du plomb dans l’aile. Hier, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il n’y participerait pas

Dans un long message posté sur son blog, il annonce qu’il ne répondrait pas présent au rendez-vous fixé par France 2, le 20 avril prochain.

Il évoque les difficultés à débattre à 11 autour de la table, mais surtout, il critique cette date choisie par la chaîne : le 20 avril, nous serons à 2 jours seulement du premier tour  et à 24 heures seulement de la période de réserve, qui impose le silence absolu aux candidats. Pour lui, c’est beaucoup trop proche de la date ultime. Dans ces conditions, il préfère donc ne pas répondre à l’invitation de France 2, qu’il qualifie d’ "assignation à débattre".

Il en profite pour tirer à balles réelles sur les méthodes de la chaîne dans cette campagne… Sur  "L’Emission politique" qu’il juge "odieuse" dans laquelle il voit un "traquenard" un spectacle qui met en scène la "mise à mort" des invités. Sans doute une allusion au clash entre François Fillon et Christine Angot. Il refuse de devenir de la  "chair à buzz". En filigrane, ce qui semble inquiéter le candidat de La France Insoumise, c’est de perdre la main sur la fin de sa campagne. Un timing beaucoup trop serré pour répliquer à une quelconque mise en cause.

 Et un deuxième candidat a mis lui aussi sa participation dans la balance

Oui, il s’agit d’Emmanuel Macron. Hier, lors d’une conférence de presse, le leader du mouvement En Marche ! a émis de sérieux doutes sur sa venue sur le plateau de France 2. Il est d’autant plus hésitant qu’une première confrontation télévisée avec l’ensemble des candidats est prévue : elle se tiendra le 4 avril / sur les antennes des chaînes info BFM TV et CNews. Il y a quelques minutes, Emmanuel Macron était l’invité de la matinale de Thomas Sotto. Il a rappelé sa position et lancé un appel au CSA. Cet appel, le CSA l’a entendu. En urgence, il a inscrit la requête d’Emmanuel Macron à l’ordre du jour de son assemblée plénière / qui débutera dans quelques minutes. Il devrait rendre un avis dans le courant de la journée.

La question : France 2 peut-elle maintenir son débat dans ces conditions ?

Elle en a bien l’intention. Elle l'a rappelé dans un communiqué adressé hier à l'AFP. Pour elle, pas question de céder au diktat des politiques. Dans les couloirs de la chaîne, on considère ces défections comme un "refus d'obstacle !"

Et elle compte bien sur le CSA pour la conforter dans son choix. Bien sûr, à la date qui nous intéresse, le 20 avril, les chaînes sont tenues de respecter une égalité parfaite des temps de parole. Pas question pour France 2 de remettre en cause ce principe. Une chaîne publique ne pourrait pas jouer ce jeu. En revanche, elle estime qu’elle n’est pas responsable des caprices des uns et des autres

D’autant que cette date du 20 avril a été annoncée depuis plusieurs semaines et que personne dans les entourages des candidats n’ont demandé formellement de changer cette date.

Chez France 2, on voit la prise de position de Jean-Luc Mélenchon comme une "vendetta personnelle". On perçoit la reculade d’Emmanuel Macron comme une manœuvre opportuniste. Des positions qui font reculer le débat démocratique. On voit surtout l’inquiétude de ne pas peser médiatiquement sur la campagne : elle qui voulait à tout prix jouer un rôle majeur avant le premier tour.