Lobbys, élections européennes et prostitution : partout, une véritable guerre d'influence !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, Eve Roger scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Eve Roger remplace David Abiker ce vendredi 10 mai 2019.

Ce vendredi dans la presse, il est question d'influence.

L'influence des lobbys d'abord avec les révélations sur le site du Monde sur ces drôles de pratiques de l'entreprise américaine Monsanto pour sauver son fameux herbicide : le glyphosate.
En Une du Monde papier également, "Comment Coca-cola influence la recherche scientifique".
Guerre d'influence aussi en Une de Libération avec ce joli titre Éducation nationale "la guerre des bobards", avec un ministre Jean-Michel Blanquer et des syndicats enseignants renvoyés dos à dos. Infos ou intox sur les réformes en cours, le quotidien essaie de faire le tri.
L'influence enfin des proxénètes sur les prostituées, c'est la Une d'Aujourd'hui en France : "le boom de la prostitution en ligne".

La stratégie de Monsanto pour soigner l'image du glyphosate.

C'est le site du Monde qui raconte. Fin 2016, l'entreprise confie à un cabinet de lobbying français le soin de classer 200 personnalités françaises en fonction de leur capacité à influencer le débat sur le glyphosate, en bien ou en mal. À cette époque, l'Europe doit en effet décider de renouveler pour 15 ans l'autorisation de l'herbicide déjà contesté. L'objectif de Monsanto est d’identifier les leaders d'opinion (journalistes, politiques ou scientifiques) qui interviennent dans le débat et de déterminer qui sont les ennemis ou qui sont les supporters. Alors évidemment, il y a ceux que Monsanto appelle les "alliés" comme le patron de la FNSEA par exemple (à l'époque Xavier Beulin, aujourd'hui disparu). Il n’y était pas réfractaire non plus Xavier Bertrand (le président de la région Hauts-de-France) ou même la navigatrice, Maud Fontenoy.
À l'opposé, il y a les personnalités dites à "éduquer" comme certains journalistes dont on peut essayer d'obtenir des articles à tout le moins neutres.
Et puis, il y a ceux à "surveiller" comme Ségolène Royal (ministre de l'Environnement à l'époque) ou Marisole Touraine (à la Santé), jugées hostiles. Il faut isoler leur voix et les mettre à l'écart.
Ce qui est drôle, c'est de regarder aujourd'hui le résultat de cette guerre d'influence pas bien efficace puisqu'on le sait maintenant, le glyphosate a été renouvelé pour cinq ans seulement et pas 15 (comme l'espérait Monsanto).

Autre stratégie pour la firme Coca Cola.

Le monde raconte que l'entreprise américaine a dépensé huit millions d'euros en France depuis 2010 pour financer des études scientifiques.
18 professionnels de santé français ont reçu de l'argent de l'entreprise, 157.000 euros au total. Dans le lot, une psychologue de l'Inra qui a rédigé un article pour 2.000 euros sur le rapport entre la consommation de boissons sucrées et le poids concluant qu’il n'y a pas nécessairement un lien.
Un ancien chef du service nutrition de l'hôtel Dieu, à qui la firme américaine a demandé une étude sur la déshydratation des ados.

Il y en a qui aimeraient avoir beaucoup plus d'influence.

On parle des élections européennes et c'est le Figaro qui fait sa Une sur les partis nationalistes européens qui espèrent bien avoir plus de poids dans le futur Parlement. Jusqu'à présent, ces partis militaient contre l'Europe et contre l'euro mais le Brexit a changé la donne. Maintenant, "ils veulent peser de l'intérieur", écrit le journal.
Orban en Hongrie, Marine Le Pen en France ou Mateo Salvini en Italie, ils pourraient obtenir jusqu'à 180 sièges, c'est-à-dire un quart de l'hémicycle, raconte Le Figaro.
Le problème, c'est qu'en dehors de leur position hostile à l'immigration, ils ne sont d'accord sur rien. "Ils sont portés par les mêmes souffles de colère et d'inquiétude, contre l'immigration ou le bureaucratisme européen, décrypte Arnaud de la Grange, mais ils sont encore loin de se ranger sous le même pavillon". Sur les questions économiques par exemple, il y a les ultralibéraux des pays Baltes ou les protectionnistes comme Marine Le Pen. Côté diplomatie, il y a les pro-américains ou les pro-russes. Sur le plan des moeurs, il y a les ultra conservateurs ou ceux pour qui la religion n'a aucune importance.
Bref, c'est une mosaïque d'une incroyable complexité et il est difficile de peser quand on est divisé.

Une influence qui ne se dément pas, c’est celle des proxénètes sur les prostituées.

N'allez pas croire que les femmes qui se prostituent sur internet ont gagné en liberté et échappent aux réseaux de prostitution, c'est ce que raconte Aujourd'hui en France.
Pour la première fois en 2018, plus de la moitié des réseaux démantelés opèrent exclusivement sur internet.
Les filles ne sont plus dans la rue mais louent des appartements sur airbnb ou sur le bon coin, en banlieue parisienne ou autour des grandes métropoles. Une semaine ou un mois, seule ou à plusieurs, elles déménagent régulièrement non pas pour échapper à la police mais pour renouveler la clientèle.
Un commissaire divisionnaire raconte au journal que certains proxénètes réalisent même des études de marché avant d'installer leurs prostituées à une adresse.
Et le business est toujours aussi juteux puisqu’un réseau moyen de six à huit victimes prostituées génère un chiffre d'affaires moyen de deux millions d'euros par an.

Une "douce" influence pour terminer.

C'est dans Ouest France qu’Eve Roger a trouvé cet article réconfortant sur ces couples ou ces familles qui accueillent dans leur maison des jeunes délinquants en voie de réinsertion. Ils les accueillent pour un dîner, une nuit ou des mois.
C'est le cas de Francis et Corinne Merlin, ce couple de quinquas habite dans la Sarthe et tous les soir à 19 heures, ils sont contents de mettre un couvert de plus à leur table.
Ils racontent que la plupart du temps, à la fin du placement les ados ne veulent plus partir.
Alors bien sûr, ce n'est pas toujours rose. Il y a de la drogue, des fugues et des crises parfois, mais Francis sourit "difficile de commettre des infractions ici, il n'y a qu'une boulangerie, une petite gare, des vaches et puis un mouton".