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Un Conseil européen crucial pour Angela Merkel

Date de publication
Chronique · Société
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.


Le Conseil européen qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles est capital aujourd’hui pour l’avenir politique de la chancelière allemande. 

 Ce sommet constitue en effet une première. Jamais, en tout cas pour l’Allemagne, un gouvernement n’avait été sommé d’obtenir des résultats par un partenaire de la coalition par un ultimatum. Je rappelle l’enjeu : le ministre de l’intérieur et chef de la CSU, allié historique de la CDU, menace Angela Merkel de fermer les frontières aux demandeurs d’asile si elle n’obtient pas un renforcement de la politique migratoire allemande et européenne. Il a pris au mot la réponse de la chancelière qui lui avait signifié que ce genre de décision ne pouvait se prendre qu’en concertation avec ses partenaires européens et l’ultimatum est donc fixé à samedi, au lendemain de ce Conseil.

Angela Merkel va informer le Bundestag de sa démarche ce matin avant d’aller à Bruxelles. Et dimanche, la CDU et la CSU se réuniront chacune de leur côté pour faire le bilan du sommet. Et Héléne Kohl, notre correspondante en Allemagne me signale qu’un rendez vous en tête à tête est prévu entre Angela Merkel et Horst Seehofer. Si la CSU estime que le résultat obtenu au Conseil européen est insuffisant, Seehofer pourrait de lui-même fermer les frontières, ce que lui conteste la Chancellerie et l’on serait alors évidemment devant une crise, avec un possible limogeage du ministre et à la clef une rupture de la coalition.

Voilà le scénario du pire, il y en a un autre ?

Heureusement oui. Un bon nombre d’observateurs estiment qu’aucun des grands acteurs dans cette crise n’a intérêt à aller au bout de ce bras de fer. Parce que cela signifierait probablement de retourner aux urnes et que la CDU et la CSU n’ont toujours pas retrouvé de second souffle depuis les élections de septembre dernier à l’issue desquelles il a fallu plus de six mois de négociation pour former une coalition.

Certains tablent donc sur une accalmie avec d’un côté Angela Merkel qui pourrait dire aux Allemands ‘regardez, j’ai été écoutée par mes pairs européens et chacun a pris conscience de la nécessité d’une meilleure coopération dans la politique migratoire européenne ». Et de l’autre, Seehofer qui pourrait se retourner devant les siens en disant « regardez, quand je tape du poing sur la table, la chancelière en tient compte et on a donc intérêt à continuer à gouverner ensemble ».

Sauf que cette épreuve a tout de même fragilisé Angela Merkel...

Oui, indiscutablement, mais elle en a vu d’autres. C’est certains que ce dernier mandat sera sans doute le plus dur et que les appétits et les ambitions au sein de son propre parti pour la remplacer maintenant ou lui succéder au terme du mandat sont de moins en moins discrets.

Et s’il y a un parti qui regarde tout cela avec une certaine délectation, c’est l’AFD, l’extrême droite europhobe et anti-migration. Elle tient son congrès samedi et sera donc la première chambre d’écho de ce qui passera à partir de demain au Conseil européen de Bruxelles.