2022 : vers un remake de 2017 ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce lundi, il revient sur le sondage IFOP sur la prochaine élection présidentielle qui a été publié ce dimanche dans le JDD. Quelles que soient les hypothèses, ce sondage met Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour en 2022.

Nicolas Beytout revient sur un sondage IFOP sur la prochaine élection présidentielle, publié hier dans le Journal du Dimanche. Un sondage qui, quelles que soient les hypothèses, met Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour.

Macron-Le Pen ou Le Pen-Macron, dans un ordre ou dans l’autre, les deux finalistes de 2017 pourraient se retrouver face à face dans 18 mois, loin devant tous les autres candidats de droite comme de gauche.

On est à 18 mois de l’élection, tout peut donc encore changer.

Absolument, ce n’est qu’un sondage, pas une certitude. Les précédentes élections présidentielles nous ont à chaque fois réservé une surprise. Le scénario écrit par avance n’est jamais le bon. Il n’empêche, ce qui est frappant, c’est l’image de stabilité du paysage politique français qui ressort de cette étude. Nous venons de traverser trois années de bouleversements, avec la crise des Gilets jaunes, les grèves dures contre la réforme des retraites, et puis le Covid et sa gestion pas toujours exemplaire, et rien. Macron-Le Pen ou Le Pen-Macron.

Derrière eux, qui est-ce qui se profile ?

On voit un frémissement du côté de Xavier Bertrand qui pointe à 16%, soit deux à huit points de plus que tous les autres candidats de droite qui y pensent le matin en se rasant ou en se coiffant. Ça signifie que Xavier Bertrand a réussi son lancement de campagne, qu’il a installé l’idée dans l’opinion qu’il sera candidat. Mais c’est tout. À 16%, il serait loin derrière le François Fillon de 2017, qui avait fini sa campagne en lambeaux, mais au-dessus de 20%. C’est clair, l’électorat de droite n’a pas (ou pas encore) lâché Emmanuel Macron.
Et à gauche ?

C’est la douche froide. Seule une très improbable alliance entre toutes les gauches (PS, Insoumis, Verts et communistes) permettrait à un candidat unique de frôler les 15%,  ce qui le mettrait en quatrième position. Éliminé, fin du rêve pour Jean-Luc Mélenchon, pire encore pour Anne Hidalgo ou Yannick Jadot avec 13% d’intentions de vote. C’est un dur retour sur terre, un rappel que, même dans les villes où la gauche et les écologistes l’ont emporté, l’abstention massive fait qu’ils n’ont réussi à séduire qu’un très faible nombre de votants. Une fois rapporté au niveau national, ça coince.

Est-ce que le sondage a testé le second tour ?

Non, mais à la lecture des résultats du premier tour, on comprend que le second sera serré. Car la seule véritable nouveauté que révèle ce sondage, c’est que Marine Le Pen pourrait progresser de trois à quatre points par rapport à 2017. C’est elle qui engrange, tous les autres sont en baisse. Encore une fois, il reste 18 mois, et tout peut évoluer. Mais ce qu’on voit de l’état de l’opinion aujourd’hui, c’est qu’Emmanuel Macron n’a qu’un (ou plutôt qu’une) adversaire capable de le mettre en difficulté : Marine Le Pen. Voilà qui éclaire un peu plus le choix de la fermeté fait par le chef de l’État, il y a trois jours, sur l’islamisme radical.