Vattenfall, l’EDF suédois, débarque en France : "On a une crédibilité et un ADN historique"

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Équivalent d’EDF en Suède, Vattenfall vient de lancer son offre d’électricité pour les particuliers en France. Et ce nouvel acteur ne manque pas d'ambition.
INTERVIEW

L’électricité est-elle le nouvel eldorado ? On peut le penser au vu du nombre d’acteurs qui se précipitent sur le marché français depuis l’ouverture à la concurrence en 2007. Dernier en date : Vattenfall, un inconnu en France, mais un géant en Europe du Nord puisqu’il s’agit de l’équivalent d’EDF en Suède. Présente en France depuis 2000 pour les professionnels, l’entreprise vient de lancer son offre pour les particuliers le 1er octobre. "Nous proposons électricité pas chère, neutre en carbone et avec un service-client basé en France. La combinaison de ces trois ingrédients rend notre positionnement unique sur le marché", avance Henri Reboullet, directeur France de Vattenfall, invité de l’interview éco d’Emmanuel Duteil, mardi sur Europe 1.

Écoutez l'interview intégrale de Henri Reboullet à 22h20 dans le grand journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

"On se donne les moyens de notre ambition". Malgré son arrivée tardive sur le marché des particuliers, Vattenfall ne manque pas d’ambition puisqu’elle entend faire partie des cinq premiers fournisseurs "d’ici à 2023". S’il lui sera dur de détrôner EDF, Engie, Total et Eni, Henri Reboullet estime que les objectifs fixés sont accessibles. "Le cinquième acteur du marché français est actuellement à 60.000-70.000 clients. On se donne les moyens de notre ambition et je pense qu’on va y arriver", assure le directeur France de l’électricien suédois. Dix ans après l’ouverture du marché, seuls 20% des clients sont passés à la concurrence. Une large majorité paye donc toujours le tarif réglementé.

Pour y arriver, Vattenfall compte sur son offre "unique", à commencer par le prix, inférieur de 12% au tarif réglementé de l’électricité. "On fait partie des moins chers du marché et surtout parmi les professionnels de l’énergie", souligne Henri Reboullet. Mais le fournisseur suédois mise surtout sur son service-client implanté en France. "On a tous eu des expériences client assez négatives avec des gens qui ne connaissent pas le marché français et qui vous répondent manifestement depuis un pays étranger. On veut absolument éviter ça", assure Henri Reboullet, qui ajoute que "15 agents sont dédiés au grand public" pour le moment, un contingent qui "va grossir".

"Notre ambition, c’est d’être connu très rapidement". Mais pour vendre son électricité, Vattenfall va aussi devoir se faire un nom en France. "On ne va pas se mentir : on ne va pas recréer la notoriété des grandes marques françaises en quelques semaines", reconnaît Henri Reboullet. "En revanche, on a une crédibilité et un ADN historique qui permettent de l’asseoir plus rapidement que d’autres. Notre ambition, c’est d’être connu très rapidement."

Pour le directeur France de Vattenfall, "le fait que l'entreprise soit suédoise lui donne une légitimité sur le plan environnemental". Dans cette optique, le nouvel entrant joue à fond la carte de la neutralité carbone. Une caution environnementale parfois incomprise par les clients. "L’électricité, c’est comme un grand lac dans lequel un certain nombre de producteurs déversent de l’eau. Derrière, tout le monde boit la même eau. Pour arriver à avoir la neutralité carbone, on achète des garanties d’origine", explique Henri Reboullet. Ces certificats sont "le garant pour le client final que tout ce qui provient de centrales de production thermique soit compensé par l’injection sur le réseau d’énergies renouvelables".

Vattenfall, fournisseur et bientôt producteur ?

Vattenfall s’est porté candidat pour la gestion d’un futur site d’éoliennes au large de Dunkerque. "C’est notre stratégie que d’être producteur d’électricité en France, notamment dans le renouvelable", affirme Henri Reboullet. "On est un des acteurs les plus expérimentés en Europe avec 12 parcs éoliens en fonctionnement. On pense avoir de sérieuses chances de remporter l’appel d’offres. Dunkerque c’est le début, on essaiera de répondre à d’autres opportunités."