Un premier hypermarché Casino sans personnel : "Le risque, c'est qu'ils le généralisent", craignent les syndicats

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Alors que le groupe Casino va ouvrir le premier hypermarché sans vendeurs ni caissiers, dimanche après-midi, les syndicats redoutent un impact à venir sur 270.000 emplois dans le secteur de la grande distribution.
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Pas de vendeurs, ni de caissières, seulement des caisses automatiques et des vigiles : dimanche après-midi, à Angers, Casino ouvre un hypermarché sans personnel, une première en France.

L'hypermarché en question, dans le quartier de la Roseraie, ouvre déjà depuis plusieurs mois le dimanche matin avec le personnel. Désormais, il sera également ouvert le dimanche après-midi, de 13 heures à 21 heures, mais sans ses salariés habituels.

Cinq personnes… mais aucun salarié de Casino

La majeure partie des rayons seront accessibles, exceptés la boucherie, la marée, la boulangerie et les alcools. Il y aura quand même une présence humaine, mais limitée à cinq personnes : une animatrice de caisse, qui veillera au bon fonctionnement des caisses automatiques, et quatre agents de sécurité.

" On pense que le groupe Casino a placé des critères bien précis et va voir si l'expérimentation rentre dans leurs critères "

Mais ces cinq personnes ne sont pas salariées de Casino, pour une raison simple : la loi permet au commerce alimentaire de faire travailler son personnel le dimanche, mais pas au delà de 13 heures. Casino a donc trouvé la solution : l'équipe en poste cet après-midi appartient à une société extérieure.

La CGT redoute un test réussi dans cet hypermarché

Si l'on ne sait pas si le magasin sera très fréquenté dimanche après-midi, il y aura au moins du monde sur le parking : les syndicats ont décidé d'organiser un rassemblement pour dénoncer une démarche. "On ne se pas s'il sera généralisé. On pense que le groupe Casino a placé des critères bien précis et va voir si ça [l'expérimentation, NDLR] rentre dans leurs critères", estime Patrice Auvinet, secrétaire du syndicat CGT du commerce de la région d'Angers.

"Le risque, c'est qu'ils le généralisent par la suite à l'ensemble de leurs hypermarchés", poursuit-il, alors que le groupe mène déjà cette expérience dans des supermarchés depuis plusieurs mois. "Cet hypermarché représente 40 emplois mais au niveau national, tous groupes confondus, c'est 270.000 emplois qui sont concentrés. On sait très bien qu'un test comme ça, une fois réussi, il ne va pas se limiter à un magasin."

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Thibaud Le Meneec