SNCF : Bruno Le Maire "se méfie des cadeaux" de Guillaume Pepy

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En réaction à la grève en pointillée, le dirigent de la SNCF a annoncé "une opération de reconquête" auprès des usagers, avec des prix cassés.
INTERVIEW

Pour compenser les conséquences de la grève à la SNCF sur les usagers, Guillaume Pepy a annoncé dans les colonnes du Parisien une série de gestes commerciaux, dont des réductions et le remboursement de certains abonnements. Des mesures qui inquiètent le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, soucieux de rappeler, dimanche au micro du Grand Rendez-vous d’Europe1/CNews/Les Echos, qu’il s’agit avant tout de deniers publics. "Je me méfie de tous ces cadeaux, parce qu’au bout du compte il y en a toujours qui payent, et ceux qui payent ce sont les contribuables", souligne-t-il.

"Ça coûte toujours cher". "Je me souviens d’un ancien président de la République qui disait : 'ça ne coûte pas cher, c’est l’argent de l’Etat'", rappelle Bruno Le Maire, qui s’en réfère à une petite phrase prononcée en novembre 2014, sur TF1, par François Hollande à propos des emplois d’avenir dont le coût inquiétait alors les collectivités locales. "C'est l'Etat qui paye. Donc en l'occurrence non, ça ne coûte pas cher aux collectivités locales, puisque c'est l'Etat qui paye", avait alors déclaré le chef de l’Etat. "Je dis exactement le contraire : ça coûte toujours cher, parce que c’est l’argent des Français", estime Bruno Le Maire.

Pepy "radin". Pour sa part, Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, avait taclé une mesure démagogique, estimant que les annonces faites par Guillaume Pepy étaient en deçà du préjudice subi par les usagers. "Qu’il arrête d’être radin monsieur Pepy !", a-t-il lâché, également au micro du Grand Rendez-vous, tout en rappelant que sa région a été la plus pénalisée par les suppressions de trains.

"Tourner la page". Et alors qu’Edouard Philippe doit de nouveau recevoir l’intersyndicale opposée à la réforme du rail le 25 mai, Bruno Le Maire espère que cet entretien permette de "tourner la page d’une grève qui a trop durée".