"Reste à charge zéro": Philippe n'a "aucune raison a priori" de douter des mutuelles

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Devant le Sénat jeudi, le Premier ministre a dit compter sur l'engagement des mutuelles à ne pas répercuter dans l'évolution de leur coûts la réforme de reste à charge zéro.

Édouard Philippe a déclaré jeudi n'avoir "aucune raison a priori de ne pas croire en la parole donnée par les mutuelles", en réponse aux craintes d'augmentation de cotisations liée au remboursement intégral de certaines prothèses dentaires, auditives et lunettes.

Une mise en place progressive. Le Premier ministre était interrogé lors des questions d'actualité au gouvernement au Sénat par le président du groupe La République en marche, François Patriat, qui a cité une étude parue cette semaine annonçant, a-t-il dit, "une hausse des cotisations d'assurance mutuelle de 6% à 9%" qui "atteindrait particulièrement les revenus les plus faibles" et les retraités. "Au terme de discussions denses et productives, nous avons mis en place un dispositif qui garantira qu'au 1er janvier 2021, puisque cela va se mettre progressivement en place, nos concitoyens pourront avoir accès à un panier de soins dentaires, auditifs et lunettes, avec un reste à charge de zéro", a répondu le chef du gouvernement.

 

Philippe fait confiance aux mutuelles. Il a souligné que "les conditions de discussion avec les industriels, les mutuelles et l'assurance maladie ont permis d'aboutir à un accord au terme duquel les trois quarts du coût de cette réforme seront pris en charge par l'assurance maladie et un quart par les mutuelles". Ces dernières "se sont engagées, après avoir discuté avec le gouvernement et avec Mme (la ministre de la Santé Agnès) Buzyn, à ne pas répercuter dans l'évolution de leur coûts les éléments de cette réforme. Je n'ai aucune raison a priori de ne pas croire à la parole donnée par les mutuelles".

Neuf Français sur dix s'attendent à une augmentation. La réforme "100% santé" présentée en juin prévoit de mettre à contribution la Sécurité sociale et les complémentaires (mutuelles, assurances) pour réduire progressivement le reste à charge sur ces produits aujourd'hui mal remboursés. Excluant par avance tout "marché de dupes", le chef de l'État avait souhaité que cela n'entraîne "pas de hausse spécifique" des cotisations pour les assurés. Selon un sondage QualiQuanti mené en septembre pour le cabinet de conseil Opus Line, 88% des personnes interrogées ont dit penser "que la réforme (allait) faire augmenter le tarif de leur complémentaire santé.