Réforme des retraites : la main tendue d'Emmanuel Macron aux syndicats

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En évoquant un possible abandon du système des retraites fondé sur un âge légal de départ, le chef de l'Etat entend désamorcer l'un des dossiers les plus sensibles de la rentrée politique.

Grosse surprise sur la réforme des retraites : Emmanuel Macron n’est plus favorable à l’instauration d’un âge de 64 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Lundi soir sur France 2, le chef de l'Etat a évoqué la mise en place d'un système des retraites où le calcul des droits serait lié à la seule durée de cotisation.

Il s'agit d'une ouverture spectaculaire et complètement inattendue que le président fait en direction des syndicats. Mi-juillet, le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, en charge de la réforme, avait proposé l’instauration d’un âge pivot de 64 ans. L'âge légal de 62 ans aurait été conservé pour partir à la retraite mais avec une décote de 5% sur le montant des pensions pour ceux partant avant 64 ans, et une surcote pour ceux partant après. Pour les organisations syndicales, ce système revenait de facto à relever l’âge de la retraite à 64 ans. 

La balle dans le camp des syndicats

Désormais, le président de la République entend se mettre d’accord avec les syndicats et le patronat sur une durée de cotisation plus longue, plutôt que sur un âge pivot, piste qui n'avait d'ailleurs pas été écartée par Jean-Paul Delevoye. Argument logique avancé par Emmanuel Macron : ceux qui ont commencé à travailler plus tard du fait de leurs études partiront plus tard, et les autres plus tôt.

Ce faisant, le chef de l’Etat ouvre déjà le jeu pour les négociations  qui doivent  commencer début septembre avec les partenaires sociaux. "Rien n'est décidé", a assuré Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la durée de cotisation est de 43 ans. On peut décider de l’augmenter plutôt que de fixer un âge de retraite plus élevé. Aux partenaires sociaux de choisir. C’est un geste politique majeur. Avec toutefois une contrainte incontournable : le système devra être à l’équilibre en 2025.

Europe 1
Par Nicolas Barré, édité par Romain David