La France a enregistré 1,1% de croissance 2015. Ça change quoi ?

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INFOGRAPHIE - L’Insee a publié vendredi les chiffres de la croissance française en 2015, en amélioration mais encore perfectibles.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a fait ses comptes et rendu public son verdict vendredi : la croissance française a atteint 1,1% en 2015, conformément aux prévisions du gouvernement. Mais quel est le sens d’un tel chiffre et faut-il y voir une bonne nouvelle ? Voici les principaux enseignements.

Le meilleur taux depuis quatre ans. Si on veut voir le verre à moitié plein, on soulignera que c’est la meilleure performance depuis le début du quinquennat. Les chiffres de la croissance sont en effet particulièrement bas depuis 2012 :

"2015 a été l'année de la reprise", s'est donc félicité le ministre des Finances, Michel Sapin, se réjouissant que les Français n'aient "pas baissé les bras" malgré les attentats de janvier et de novembre. "La reprise doit s'amplifier en 2016 et nous permettre d'avoir plus d'emplois", a-t-il ajouté, le gouvernement tablant sur une croissance de 1,7% en 2016.

Mais pas suffisant pour faire reculer le chômage. Michel Sapin est bien placé pour le savoir : l’actuel ministre des Finances fut auparavant ministre du Travail et est bien conscient qu’une croissance de 1,1% n’est pas suffisante pour faire reculer le chômage. Les économistes estiment qu’il faut au minimum 1,5% pour commencer à faire reculer le nombre de demandeurs d’emploi.

"C'est encore insuffisant - les chiffres du chômage (...) le soulignent une nouvelle fois", a d’ailleurs reconnu jeudi Manuel Valls, et les chiffres publiés mercredi par la Dares le confirment. L’année dernière, Pole emploi a recensé 89.900 chômeurs supplémentaires (catégorie A), soit une hausse de 2,6%. Pour positiver, on peut néanmoins souligner que cette hausse du chômage fut deux fois moins forte en 2015 qu’en 2014. Et qu’il s’agit de la plus faible hausse depuis 2010.

Et en-dessous de la moyenne européenne. Si l’économie française a été plus dynamique que les années précédentes, elle tourne néanmoins au ralenti par rapport à ses voisins. L’Insee estime en effet que la croissance de la zone euro en 2015 devrait être de 1,6%, c’est-à-dire 0,5 point au-dessus de la France. Quand à l’Allemagne, elle a fini l’année 2015 à 1,7%, une nouvelle fois devant la France. Et elle n’est pas la seule puisque seuls quatre pays de l’Union européenne devraient enregistrer une croissance inférieure à celle de la France.

Quelle tendance pour l’année à venir ? L’objectif est bien évidemment de sortir définitivement de cette phase de croissance molle, ce que le gouvernement espère avec une prévision de 1,7% en 2016. Un objectif atteignable aux yeux de l'Insee, qui table sur un début d’année bien plus dynamique que les années précédentes, avec 0,4% de croissance prévue aux premier et deuxième trimestres.

Eurostat est en revanche un peu plus prudent, avec une prévision de 1,4% pour l’économie française en 2016 et 1,7% en 2017, des chiffres une nouvelle fois en-dessous de la moyenne européenne. Seule certitude, la situation devrait s’améliorer en raison d’un contexte favorable : il y a d’abord la baisse des prix du pétrole - dont les effets vont commencer à se faire ressentir -, la baisse de l’euro – qui devrait soutenir les exportations -, sans oublier que l’Hexagone devrait pouvoir profiter du meilleur dynamisme de ses voisins européens.