Impôt sur le revenu : 95% des contribuables paieront moins d'impôt, selon Gérald Darmanin

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Le ministre s'exprime dans "Le Parisien", mercredi (photo d'illustration).
Le ministre s'exprime dans "Le Parisien", mercredi (photo d'illustration). © ERIC FEFERBERG / AFP
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"La quasi-totalité des gens qui payent l'impôt sur le revenu - qu'ils soient ouvriers, salariés, cadres - seront concernés" par la baisse d'impôt l'an prochain, annonce le ministre dans "Le Parisien". 

Près de 95% des contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu bénéficieront d'une baisse d'impôt l'an prochain, pour un montant moyen de 300 euros par foyer, assure le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin dans Le Parisien daté de mercredi.

Une baisse plus importante pour les classes moyennes

"La quasi-totalité des gens qui payent l'impôt sur le revenu - qu'ils soient ouvriers, salariés, cadres - seront concernés" par la baisse de cinq milliards d'euros de l'impôt sur le revenu promise par Emmanuel Macron, indique Gérald Darmanin dans cet entretien. "Au total, plus de 95% des contribuables paieront moins d'impôts", ajoute le ministre.

Selon le locataire de Bercy, le montant de la baisse d'impôt, qui sera débattue dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020, atteindra "environ 300 euros par foyer et par an" en moyenne. "C'est simplement un ordre de grandeur parce que nous ferons en sorte que la baisse d'impôt soit plus importante pour les classes moyennes que pour les personnes qui ont des revenus plus élevés, précise-t-il toutefois.

Dès janvier 2020

"Un ministre comme moi, qui gagne 8.000 euros par mois, n'a pas vocation à bénéficier de cette baisse", explique encore Gérald Darmanin. La baisse s'appliquera dès le mois de janvier 2020 sur la base d'un nouveau calcul du taux de prélèvement qui sera fait par la direction générale des Finances publiques, sans nécessité pour le contribuable d'intervenir.

Enfin, sur la possibilité d'une hausse de la taxe carbone, suspendue par le gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes", le ministre juge que "désormais, ce qui est important c'est d'aller vers l'incitatif", citant en exemple la taxe sur les ordures ménagères modulée en fonction de la quantité de déchets produits. Le ministre de la Transition écologique François de Rugy avait indiqué en avril qu'un choix sur une éventuelle nouvelle "trajectoire de hausse" de la taxe carbone serait un choix "à faire dans les mois qui viennent".

"Nous tenons notre cap de sérieux budgétaire"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait dit la semaine dernière vouloir faire profiter à près de 15 millions de foyers fiscaux de la baisse de l'impôt sur le revenu, avec un gain de 180 à 350 euros par an selon les ménages concernés. L'impôt sur le revenu, qui rapporte chaque année près de 75 milliards d'euros à l'Etat, est actuellement payé par 16,8 millions de foyers fiscaux sur un total de 38,3 millions, soit moins de 45% des contribuables.

Selon Gérald Darmanin, la baisse d'impôts de cinq milliards d'euros promise, qui vient s'ajouter à une série de mesures en faveur du pouvoir d'achat décidées sous la pression des "gilets jaunes", sera compensée par des économies équivalentes. "Nous tenons notre cap de sérieux budgétaire et nous serons encore autour de 2% de déficit l'année prochaine, comme prévu", promet le ministre, en confirmant que les niches fiscales pour les entreprises seront réduites pour financer en partie la baisse d'impôt.

En parallèle, "des réformes comme celles de la Fonction publique, de l'assurance chômage, de l'audiovisuel public ou encore des mesures qui incitent à travailler plus longtemps nous permettront de ne pas creuser le déficit", assure-t-il.