Grève à la SNCF : la mobilisation des cheminots faiblit-elle vraiment ?

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Le taux de grévistes à la SNCF est passé de près de 34% au premier jour, à 14% au 16e jour de la mobilisation.
Le taux de grévistes à la SNCF est passé de près de 34% au premier jour, à 14% au 16e jour de la mobilisation. © BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Le taux de cheminots grévistes est passé de 34% au premier jour de la mobilisation à 14% mercredi, mais les personnels indispensables à la circulation des trains restent majoritairement en grève.

Le "vot'action" des cheminots signe-t-il le début de la fin de la grève ? L'intersyndicale de la SNCF lance la semaine prochaine une consultation pour demander aux cheminots de se prononcer "pour ou contre" la réforme ferroviaire du gouvernement. "Cette action est un moyen de remobiliser les cheminots dans une action qui dure", a concédé jeudi sur Europe 1 Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, deuxième syndicat à la SNCF. Signe que la mobilisation des cheminots faiblit ?

Un taux de grévistes en baisse. Alors que dans les premiers jours de grève, le taux de grévistes global avoisinait les 34%, il a atteint mercredi, au 16e jour de la mobilisation, son taux le plus bas depuis le début du mouvement, avec 14,4% de grévistes. "Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, dit qu'il y a moins de 20% de grévistes aujourd'hui donc il interprète comme si 80% des cheminots sont pour la réforme ferroviaire… Cette approche dénature la mobilisation", a tancé Roger Dillenseger sur Europe 1, pointant du doigt une guerre de communication.

Le principe de la grève par intermittence. "La mobilisation faiblit, mais ce n'est pas parce que les cheminots ne sont pas en grève qu'ils approuvent la réforme ferroviaire", souligne Olivier Samain, journaliste service économie et social d'Europe 1. Avec le principe de la grève par intermittence, "l'idée est de faire durer la grève le plus longtemps possible, sans trop impacter sur les salaires. Il y en a qui font grève depuis le début du mouvement, mais d'autres ne le font pas à chaque séquence, parce qu'ils ont des charges à payer, une famille à nourrir, etc.", note Olivier Samain.

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Un réel impact sur la circulation. En outre, les chiffres communiqués par la direction de la SNCF sur les taux de grévistes incluent les seuls cheminots qui devaient se rendre au travail ce jour-là : sont ainsi exclus ceux qui sont en repos, en congés et en formation. "On est au 16e jour de grève et on est dans une semaine particulière avec deux jours de grève fériés, les cheminots aussi profitent de cette période pour prendre des congés", a souligné Roger Dillsenger, pour justifier les 14% de grévistes mercredi.

Par ailleurs, parmi les cheminots grévistes, ce sont les personnels les plus indispensables à la circulation des trains qui sont majoritairement en grève, comme les conducteurs de train (53% mercredi), les aiguilleurs (45%) ainsi que les contrôleurs (20%)... avec une réelle incidence sur le trafic, et donc sur les usagers. Ainsi, avec le "vot'action" de la semaine prochaine, l'intersyndicale espère avant-tout "obtenir un résultat qui montre la forte hostilité des cheminots à l'égard de la réforme ferroviaire", résume Olivier Samain.

Europe 1
Par Mathilde Belin