Forces de l'ordre : l'effort sur les moyens matériels encore trop faible

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© Direction centrale de la sécurité publique
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L'effort sur les moyens matériels dans le projet de budget 2018 est "toujours trop faible pour dissiper le risque de 'paupérisation' ", s'inquiète un rapport sénatorial dévoilé par "Le Figaro".

L'effort sur les moyens matériels dans le projet de budget 2018 en police et gendarmerie est "toujours trop faible pour dissiper le risque de 'paupérisation' ", s'inquiète un rapport sénatorial dévoilé par Le Figaro.

Dans ce rapport présenté le 15 novembre devant la commission des finances du Sénat, le sénateur (LR) Philippe Dominati estime que la politique d'augmentation des effectifs dans les deux forces engagée sous le précédent quinquennat et poursuivie par l'actuel gouvernement, "ne permet pas de garantir la capacité opérationnelle des policiers et gendarmes". Quelque 8.837 équivalents temps plein (ETP) ont été créés dans la police et la gendarmerie entre les 31 décembre 2013 et 2017, avant qu'Emmanuel Macron ne s'engage à créer 10.000 postes dans les deux forces au cours de la période 2018/2022.

Des hausses d'effectifs qui déséquilibreraient le budget police-gendarmerie. Selon Philippe  Dominati, les recrutements se font "au détriment" des dépenses d'investissement et de fonctionnement dans le total des crédits qui doivent augmenter de 1,34%, selon le projet de budget 2018 de la mission "sécurités". Sans en critiquer le principe compte tenu de la situation sécuritaire liée à la menace terroriste, le sénateur considère que les hausses d'effectifs déséquilibrent le budget de la police et de la gendarmerie puisque la "part des dépenses de personnel au sein des deux programmes a atteint un niveau critique de 86,77 % en 2017", quasi-stable pour 2018. 

L'âge moyen des véhicules de police pointé du doigt. Ainsi, en dépit d'une "légère hausse" des dépenses de fonctionnement et d'investissement, le sénateur considère que les marges de manœuvre budgétaires de la gendarmerie sont "toujours très limitées". Pour la police, si le sénateur relève "une forte augmentation" des dépenses de fonctionnement des bâtiments, il épingle l'insuffisance de la formation continue, des crédits d'équipement - notamment l'accès aux munitions - ou encore "l'augmentation continue de l'âge moyen des véhicules" passé de 4 ans et 10 mois en 2010 à 6 ans et 9 mois en 2017.

Une police de sécurité du quotidien qui "devra s'appuyer sur des moyens existants". Dans son rapport, Philippe Dominati se montre en outre dubitatif sur la mise en place de la police de sécurité du quotidien qui "ne s'accompagne d'aucun volet budgétaire et devrait donc s'appuyer sur les moyens existants". Il insiste enfin sur "l'absolue nécessité d'éradiquer les tâches indues, qui mobilisent l'équivalent de plus de 6.000 équivalent temps plein travaillés". Les crédits de la mission "Sécurités" seront examinés par le Sénat en séance publique le 5 décembre.