Déclaration d'impôts : après une surcharge du site, Bercy donne 48 heures supplémentaires

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Les contribuables ont 48 heures de plus pour déclarer leurs revenus.
Les contribuables ont 48 heures de plus pour déclarer leurs revenus. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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En raison d'un trop grand nombre de connexions, le site des impôts était inaccessible lundi soir. Face à ce bug, le ministre des Comptes publics a annoncé que les contribuables auraient un délai supplémentaire de 48 heures pour faire leur déclaration d'impôts.

Le site Internet des impôts a peiné à digérer l'énorme affluence de contribuables souhaitant déclarer leurs revenus lundi soir, conduisant le gouvernement à accorder un délai supplémentaire jusqu'à jeudi soir minuit.

"Impots.gouv.fr, devant l'afflux trop important de connexions de derniers moments connaît quelques difficultés. J'ai donc demandé [à la direction générale des finances publiques] de laisser 48h de + (jeudi minuit) pour déclarer ses revenus", a écrit le ministre de l'Action et des Comptes publics Darmanin sur son compte certifié Twitter avec le hashtag #administrationbienveillante.

"C'est un peu la rançon de la gloire"

"Il y a eu énormément de connexions ce soir, plus de quatre millions de nos compatriotes qui se sont connectés si j'ose dire au dernier moment pour remplir leur feuille d'impôts", a ensuite déclaré Gérald Darmanin, interrogé sur la radio Franceinfo. Le ministre a attribué cette affluence exceptionnelle et tardive, à 24 heures de l'échéance initiale, à "l'effet de ce long week-end ensoleillé" de l'Ascension, mais aussi "à l'augmentation du nombre de gens qui télé-déclarent" et "sans doute à un peu de procrastination". 

 

Le site a réagi comme pour une cyberattaque

"La vérité c'est que plus de trois millions de personnes qui se connectent en même temps, évidemment c'est un peu la rançon de la gloire et de la facilité de la déclaration d'impôts par Internet : ça bugue", a constaté Gérald Darmanin. Il a laissé entendre que le site Internet de l'administration fiscale avait réagi à ce grand nombre de demandes simultanées en l'interprétant comme une attaque informatique. "Lorsqu'il y a des millions de connexions en quelques minutes, ce site se protège" en refusant de nouvelles connexions, a-t-il expliqué, se félicitant du fait que l'administration n'ait "pas perdu les données fiscales" des contribuables lors de cet incident.

Dernier délai pour déclarer

Mardi soir minuit constituait jusqu'ici l'échéance de déclaration des revenus en ligne pour les résidents des départements du numéro 50 (Manche) à ceux des Outre-Mer, comprenant donc les départements densément peuplés de l'Île-de-France.

Avant celle-ci, deux autres échéances ont expiré depuis le 21 mai et ces "deux premières vagues se sont très bien passées", selon Gérald Darmanin. La déclaration "papier" classique, désormais minoritaire, est quant à elle censée avoir été envoyée avant le 16 mai.

Une déclaration papier encore possible dans certains cas

Parmi les nouveautés de la campagne de déclaration 2019 figurait en effet la généralisation de la déclaration en ligne : les adeptes de la version papier encouraient en théorie une amende de 15 euros s'ils s'obstinaient à faire parvenir leur déclaration par courrier. Les contribuables dont la résidence principale n'est pas connectée à Internet ou qui sont dans l'incapacité d'effectuer cette démarche pouvaient notamment continuer à utiliser le papier, en signalant leur situation à l'administration.

Un premier accroc dans le nouveau dispositif

Ce "bug" de lundi soir ternit un bilan positif pour Bercy depuis la mise en place du prélèvement de l'impôt à la source, début 2019, qui s'était déroulé globalement sans accroc. "Il y a forcément un petit problème qu'on va réussir à résoudre (...) nous allons évidemment faire les choses pour que ça ne se reproduise plus", a promis Gérald Darmanin.

"C'est d'autant plus vrai que l'année prochaine, nous allons mettre fin à une partie de la déclaration d'impôts puisque grâce à l'impôt à la source, 11 millions de nos compatriotes, 11 millions de foyers fiscaux, n'auront plus à remplir de déclarations d'impôts", a-t-il ajouté.