Déchets nucléaires : "On lègue tous ces problèmes aux générations à venir", dénonce Greenpeace

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"On est en saturation" a assuré Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace, mercredi matin sur Europe 1. 
INTERVIEW

"On est en saturation", alerte Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace. Alors qu'Europe 1 délocalise sa matinale dans la centrale de Gravelines, dans le Nord, mercredi, le responsable de l'ONG alerte sur la problématique des déchets nucléaires, dont la France a déjà accumulé 1,6 million de mètres cubes. "Le nucléaire, c'est un peu l'avion qui a décollé sans piste d'atterrissage", image-t-il. 

"Ça déborde de partout"

"Depuis des dizaines d'années, on dit que la technologie nous apportera des solutions pour ces déchets", souligne Yannick Rousselet. "Et puis ça déborde de partout", poursuit-il alors que l'ONG a publié une carte des lieux de stockages, mardi. "C'est un héritage qu'on va laisser aux générations à venir". 

"Aujourd'hui il n'existe qu'un site définitif, c'est le site d'enfouissement de la Manche, à côté de La Hague, avec une contamination des nappes phréatiques extrêmement importante. C'est avéré, c'est officiellement reconnu", illustre Yannick Rousselet. "C'est un centre qu'on appelle à vie courte. Mais vie courte, c'est trois siècles...On lègue aux générations à venir tous ces problèmes, pour quelques années d'électricité aujourd'hui."

Bure, un projet "extrêmement risqué"

"Tout le monde est concerné", martèle Yannick Rousselet. Interrogé sur le projet de stockage géologique profond des déchets à Bure, dans la Meuse, le chargé des questions nucléaires n'y voit pas une solution crédible. "Même si cela se faisait, cela ne serait pas avant 2080 : il n'est pas possible de les enfouir aujourd'hui car ils sont trop chauds, trop radioactifs", souligne-t-il. "Nous sommes opposés à cette solution de l'enfouissement, qui nous semble un pari sur l'avenir extrêmement risqué."