Dans le Grand Ouest, la filière porcine ne s'est jamais aussi bien portée

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Photo d'illustration © INA FASSBENDER / AFP
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La grave crise que traverse la filière porcine chinoise fait les affaires des éleveurs français. L'export tricolore a bondi de 50%, les deux tiers viennent du Grand Ouest.
REPORTAGE

Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Après des années de crise grave, les producteurs de porcs bretons retrouvent d'incroyables couleurs grâce à ce qu'ils qualifient de "miracle chinois". Le miracle étant en fait une effroyable épidémie de fièvre porcine dans l'empire du Milieu, qui a déjà décimé près de 50% du cheptel chinois.

Conséquence : un coup de boost spectaculaire pour les exportations des autres acteurs planétaires de la filière, dont la France. Le pays vient en effet de faire passer son export porcin de 100.000 tonnes à 150.000 tonnes vers la Chine, le premier producteur et premier consommateur mondial de cochons.

Les cours ont grimpé de manière historique

L'export français a bondi de 50% et les deux tiers des porcs viennent du Grand Ouest. En Bretagne, les cours ont même grimpé de manière historique, passant de 1,10 euros le kilo à 1,60-1,70 euros. "On perdait 20 à 30 euros par porc, aujourd'hui, on gagne 20 à 30 euros par porc", détaille un éleveur dans les Côtes-d'Armor. Pour lui, qui élève 15.000 cochons par an, l'épidémie de peste chinoise est un véritable miracle.

"Sur une année, ça peut faire du 300.000 euros de plus par rapport à une année où tu ne gagnes rien ! Pour nous, c'est énorme, ça nous permet d'investir, de construire de nouveaux bâtiments, de mettre en place une maternité en liberté, ce que veut le consommateur", explique-t-il encore.

Le climat est euphorique mais il y a aussi une prudence extrême pour empêcher la venue de la peste porcine en France. Tous les élevages devront être entièrement clôturés d'ici à la fin de l'année pour éviter tous contacts entre cochons et sangliers. Chaque chose en son temps, l'éleveur conclut : "On commence à rembourser nos dettes, le moral est bien meilleur. Merci les Chinois, ce sont des sauveurs pour nous !".

Europe 1
Par François Coulon, édité par Maxime Dewilder