Bercy dévoile une liste de 40 start-up qui recevront un soutien personnalisé de l'Etat

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Le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, a dévoilé le nom de 40 start-up françaises qui recevront un soutien personnalisé de l'État.
Le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, a dévoilé le nom de 40 start-up françaises qui recevront un soutien personnalisé de l'État. © ludovic MARIN / AFP
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Ces entreprises doivent être installées en France, ne pas avoir été rachetées par des étrangers et ne pas être introduites en Bourse pour bénéficier de ces aides.

Le gouvernement a dévoilé mercredi la première sélection annuelle des 40 jeunes pousses appelées à devenir des "leaders technologiques mondiaux" et qui recevront un suivi personnalisé de la part des organismes publics et administrations françaises, selon un communiqué. 

Un CAC 40 français d'entreprises technologiques

"Le Next40, c'est le CAC 40 français des entreprises technologiques", a déclaré le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, cité dans le communiqué. Ces entreprises sont les premières d'un classement plus large de 120 start-up en hyper-croissance (le "French Tech 120"). Ces 120 sociétés bénéficieront d'une visibilité accrue, seront favorisées pour se joindre aux voyages officiels du président et des responsables gouvernementaux, et auront accès à un accompagnement des services et organismes publics (Urssaf, Cnil, Douanes, Inpi, etc.), renforcé chez les 40 premières, pour accélérer notamment leur développement à l'international ou leur introduction en Bourse. 

"On estime qu'il est dans l'intérêt général du pays de faire émerger des champions internationaux" et donc de prêter une attention particulière à ces entreprises prometteuses, sans pour autant leur ouvrir de "passe-droits", a expliqué Cédric O à l'AFP. Si on prend l'exemple de l'Urssaf, il s'agit avant tout "de former et de mettre à niveau des entreprises qui ont grandi très vite et ont pu oublier un certain nombre de choses", a t-il évoqué. 

Des entreprises installées en France, non introduites en Bourse

Pour être sélectionnées, les 40 entreprises de ce club restreint doivent avoir leur siège social installé en France, n'avoir pas été rachetées par un autre groupe ou introduites en Bourse, et remplir certains critères de performance économique. Citant le plan "deeptech" de la banque publique d'investissement Bpifrance, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé "inacceptable" que des jeunes pousses soient financées avec de l'argent public "pour que ces start-up soient ensuite rachetées par des champions japonais ou américains". "L'argent du contribuable n'a pas vocation à financer le rachat de start-up françaises par des géants étrangers", a-t-il souligné. 

"Ce n'est pas le gouvernement qui a choisi" la liste des entreprises du Next40 mais un jury présidé par Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi (cagnottes en ligne) et Mangopay (solutions de paiement), a précisé pour sa part Cédric O. Le Next40 inclut les sept "licornes" françaises (entreprises non cotées valorisées à plus d'un milliard de dollars), les plus grosses levées de fonds de ces trois dernières années ainsi que les levées supérieures à 100 millions d'euros. Les sociétés doivent par ailleurs avoir réalisé un chiffre d'affaires d'au moins 5 millions d'euros lors du dernier exercice, en croissance de plus de 30% en moyenne sur les trois dernières années. 

BlaBlaCar ou Deezer

Le Next40 compte par exemple BlaBlaCar (covoiturage), Cityscoot (scooters en libre service), Deezer (streaming musical), Doctolib (réservation de rendez-vous médicaux), Meero (services pour les photographes), OpenClassrooms (parcours de formation) ou Ynsect (élevage d'insectes pour la nutrition animale). Selon les données agrégées par le gouvernement, la croissance médiane des entreprises sélectionnées sur les trois dernières années s'élève à 158% et 32 d'entre elles comptent au moins un investisseur étranger dans leur capital. Elles prévoient par ailleurs d'augmenter de 30% leur nombre d'employés lors de l'année à venir.