"Baisser les salaires, ce n’est pas une bonne solution de long terme", martèle Laurent Berger

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Le secrétaire général de la CFDT, invité mardi d’Europe 1, a appelé les entreprises à ne pas baisser les salaires de leurs employés, une solution "contre-productive" notamment pour la consommation, selon lui. 
INTERVIEW

Alors que l’épidémie de coronavirus s’atténue progressivement en France, se pose avec de plus en plus de force l’enjeu des difficultés économiques liées à la crise sanitaire. Alors que la France devrait connaître selon la Banque de France un recul de son PIB de 10% en 2020, le gouvernement et les partenaires sociaux cherchent des solutions pour sauver les entreprises tout en mangeant l’emploi et le pouvoir d’achat. Pour certains, il faut toucher à la rémunération des salariés. "Ce n’est pas une bonne solution de long terme", a réagi mardi sur Europe 1 Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

"Il y a beaucoup de leviers sur lesquels ont peut agir avant de baisser les salaires"

"Ce qui est sûr en ce moment, c’est que baisser les salaires, c’est contre-productif au niveau économique. Ce dont on a besoin, c’est aussi d’une relance économique par la consommation", a argué Laurent Berger. "Il y a aussi la question de la répartition de la valeur créée dans l’entreprise, des dividendes etc. Il y a beaucoup de leviers sur lesquels ont peut agir avant de baisser les salaires", a insisté le leader de la CFDT.

Mais pour Laurent Berger, c’est entreprise par entreprise qu’il faut évaluer la situation. Le débat sur les salaires est donc un faux débat. "La question est mal posée", a-t-il tranché. "Certains nous ont dit ‘il va falloir augmenter le temps de travail’. D’autres nous ont dit ‘il va falloir baisser les salaires’. La question, c’est dans les entreprises, regarder quels sont les compromis à passer pour garder les emplois. Je ne ferai pas partie de ceux qui diront, d’un niveau national un peu tranquille : ‘vous avez raison ou vous avez tort’." Mais le secrétaire général de la CFDT prévient : "Il faudra éviter qu’on nous raconte des bobards sur la situation réelle des entreprises".