Ascoval : une offre sans Vallourec aurait "du sens" pour la compétitivité, selon la secrétaire d'État à l'Économie

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Agnès Pannier-Runacher, crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Le secrétaire d'État, Agnès Pannier-Runacher, soutient une proposition de reprise de l'usine Ascoval sans Vallourec © ERIC PIERMONT / AFP
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La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie a confirmé mardi que cela avait "plus de sens" d'aller chercher d'autres clients plutôt que de "rester prisonnier d'un client qui ne permet pas de sortir de meilleures marges".

La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie Agnès Pannier-Runacher a confirmé mardi travailler avec Altifort, seul candidat à la reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve, sur une offre sans Vallourec.

"Nous y travaillons depuis vendredi", a-t-elle déclaré sur Radio Classique, qui l'interrogeait sur des informations du quotidien Les Echos. "Altifort est d'accord pour dire qu'il y a plus de sens d'aller chercher d'autres clients qui leur permettent d'avoir de meilleures marges que de rester prisonnier d'un client qui ne permet pas à la société de sortir les meilleures marges."

Pannier-Runacher soutient une offre sans Vallourec. Altifort a présenté une offre de reprise qui impliquait que le sidérurgiste français Vallourec, principal client désormais premier actionnaire, maintienne pendant un an et demi son niveau actuel de commandes. Or, Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudures et dont l'État est actionnaire à 17%, a refusé cette demande.

La secrétaire d'État a mis en avant la compétitivité de l'usine sur la production d'aciers de moyenne et haute gamme et argué que "prolonger le contrat avec Vallourec" reviendrait à demander à Ascoval de "produire des biens sur lesquels elle n'est pas compétitive".

Une intervention de l'État sous conditions. Agnès Pannier-Runacher s'est montrée prudente sur la question de l'intervention de l'État, conditionnée en amont à celle d'acteurs privés mais aussi à la présentation "d'un carnet de commandes" suffisant. "Soit le plan flotte et on le soutiendra, soit il ne flotte pas et il faudra le dire les yeux dans les yeux aux salariés", a-t-elle ajouté.

Elle s'est également interrogée sur la capacité d'Altifort à reprendre l'usine : soulignant la capacité du repreneur à intervenir sur d'autres entreprises par le passé, elle a toutefois insisté sur la taille importante du projet Ascoval - "une usine qui fait 135 millions d'euros de chiffre d'affaires" - par rapport au chiffre d'affaires d'Altifort - "200 millions d'euros".

Pas de nationalisation à venir. Si elle a fermement rejeté les suggestions de nationalisation, notamment exprimées par La France Insoumise, la secrétaire d'État a insisté sur la nécessité de "trouver une solution pérenne" pour les 280 salariés. Une réunion "décisive" sur le sort de l'aciérie Ascoval est prévue mercredi à Bercy, selon le député (PCF) du Nord Fabien Roussel, selon lequel "les choses bougent dans le bon sens".