Apprentissage : pourquoi une vingtaine d'écoles se retrouvent dans le viseur de l'État

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Pas moins de 10.000 jeunes seraient concernés par ces soupçons de fraude à l'apprentissage. © FREDERICK FLORIN / AFP
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Le ministère du Travail mène actuellement des vérifications sur la réalité de l'apprentissage dans une vingtaine d'établissements. Il leur reproche de ne s'être pas suffisamment occupés de la situation de leurs étudiants. Faute d'entreprises, ces derniers doivent se résoudre à payer des milliers d'euros de frais de scolarité.
DÉCRYPTAGE

Près d'une vingtaine d'écoles de formation se retrouvent dans le viseur du gouvernement. Le ministère du Travail les soupçonne d’avoir en effet recruté à tour de bras des jeunes dans le cadre de filières d’apprentissage, sans vraiment se soucier de leur accueil par des entreprises. La conséquence ? De grosses déconvenues pour les jeunes, qui pensaient devenir apprentis et qui se retrouvent en fait simples étudiants. Avec, en guise de "double peine", des frais de scolarité à payer, ce qui n’existe pas pour l’apprentissage.

10.000 jeunes seraient concernés

Les établissements incriminés sont des écoles d’enseignement supérieur privé qui se sont converties à l’apprentissage après la réforme de 2018 et qui ont ouvert grand leurs portes aux jeunes. Visiblement, l'accueil n'a pas été à la hauteur car beaucoup de ces jeunes n’arrivent pas, dans le prolongement, à trouver une entreprise. 10.000 jeunes seraient dans ce cas, estimait mardi le journal Les Échos.

Le ministère du Travail mène en ce moment des vérifications car, pour chacun de ces jeunes en attente d’entreprise, les écoles touchent une prime de 3.000 euros de la part de l'État, d'où le soupçon d’un détournement du dispositif sur le dos des jeunes. Pour les étudiants, en tout cas, il peut y avoir un sentiment de tromperie.

"Clauses vraiment ambigües"

C’est ce que pointe le président de l’Association nationale des apprentis, Aurélien Cadiou : "Nous avons l’impression que ces nouvelles écoles ne respectent pas scrupuleusement le mode de fonctionnement de l’apprentissage, comme peuvent le faire les CFA plus anciens et plus traditionnels. Ça met les jeunes dans des situations compliquées, avec parfois des contrats à signer avec l’école qui les engagent, à payer des frais de scolarité de plusieurs milliers d’euros si jamais ils ne trouvent pas d’employeur, alors que c’est totalement illégal. Et à cette rentrée, nous avons eu un certain nombre de futurs apprentis qui se sont inquiétés de signer ces contrats avec les écoles, qui parfois contiennent des clauses vraiment ambigües."

L'apprenti n’a pas de frais de scolarité à payer mais, s'il ne trouve pas d'entreprise dans laquelle faire son apprentissage, il redevient "simple" étudiant. Et là, les frais de scolarité le rattrapent, avec souvent plusieurs milliers d'euros à débourser.