Watch Dogs Legion : un aperçu brouillon mais prometteur de l'avenir des jeux vidéo

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Le troisième épisode de la série "Watch Dogs" fait rentrer un peu plus les technologies dans notre monde. 6:37
Le troisième épisode de la série "Watch Dogs" fait rentrer un peu plus les technologies dans notre monde. © Ubisoft
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Troisième épisode de la licence d'Ubisoft centrée sur des hackers en lutte contre la surveillance de masse, "Watch Dogs Legion" offre une expérience inédite permettant d'incarner n'importe quel habitant d'une ville de Londres recréée dans les moindres détails. Une promesse alléchante mais qui se révèle parfois mal exécutée dans le jeu.

Plus que quelques jours à attendre avant la sortie des nouvelles consoles de jeux vidéo. La Xbox Series X débarque le 10 novembre et la PS5 une semaine plus tard. Un moment très attendu par les joueurs et par les éditeurs qui misent beaucoup sur ce nouveau pas en avant technologique. Mais, à deux semaines près, Ubisoft a fait le pari de sortir un dernier jeu sur la génération actuelle : Watch Dogs Legion, troisième épisode de sa licence qui place les joueurs dans la peau d'un hacker. Direction Londres pour un opus au ton prophétique et qui promet surtout de pouvoir incarner chaque personnage croisé dans le jeu. Promesse tenue ? Europe 1 l'a testé.

Hacker de bien faire

Watch Dogs Legion nous plonge dans un Londres en plein chaos. Dans un futur indéterminé mais très proche, après une vague d'attentats, la ville est écartelée entre plusieurs groupes : Zero Day, une faction terroriste ; Albion, une entreprise de sécurité privée qui a pris le pas sur le vénérable Scotland Yard ; le clan Kelley, un gang violent et omniprésent ; et enfin DedSec, un groupe de "gentils" hackers. Accusés à tort d'être responsable des attentats, ses membres sont activement recherchés par la police. En tant que joueur, nous intégrons ce collectif hacktiviste pour tenter de démêler les jeux de pouvoirs qui étranglent Londres et prouver l'innocence de nos camarades.

Le premier opus de la licence (2014) relatait le cavalier solitaire d'un homme contre une entreprise surpuissante dans une ville de Chicago en pleine mutation technologique. Le second (2016) prenait la direction de San Francisco, où un groupe de hackers s'opposait au système de surveillance de masse, dans un scénario cynique et volontiers critique de la société idéale vendue par les GAFA. Watch Dogs Legion fait la synthèse de ses aînés en reprenant l'ambiance sombre et sérieuse du premier, où technologie rime avec danger, et le collectif de hackers du second, mais bien mieux mis en valeur cette fois-ci.

Le héros, c'est tout le monde !

En effet, le principal tour de force du jeu est la possibilité, inédite, de pouvoir incarner n'importe quel habitant de ce Londres du futur. Pour convaincre les habitants que DedSec œuvre pour leur bien, il faut les aider et surtout en recruter un certain nombre pour donner du poids au groupe. Dans la peau d'un personnage, vous pouvez cibler et aborder n'importe quel passant. Après une rapide mission pour le convaincre, il rejoint vos rangs et à partir de là, vous pouvez l'incarner à tout moment puisqu'il est possible de jouer avec n'importe quel membre de DedSec. Dans les faits, c'est simple et vraiment bluffant. On s'amuse beaucoup à observer tout le monde en quête d'un profil intéressant.

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Cette nouveauté, certes impressionnante, possède tout de même un effet pervers non-négligeable : aucun protagoniste ne se démarque particulièrement. Il n'y a pas de héros, simplement une infinité de personnages dont l'histoire personnelle se résume à un trait de caractère et deux lignes de biographie. Au fond, que vous soyez un banquier de la City, un marginal de Camden ou une grand-mère qui nourrit les pigeons à Hyde Park, il s'agit davantage d'un "costume" que d'une "personnalité". Seule les voix leur donnent du caractère. Ce qui laisse l'impression d'un jeu dans lequel - et c'est ironique au regard du sujet de fond - la démonstration technologique a pris le pas sur l'émotion.

Plongée troublante dans un futur très familier

Ceci étant dit, cela ne fait pas de Watch Dogs Legion un mauvais jeu. Loin s'en faut même, tant il est bourré de qualités par ailleurs. On ne boude pas le plaisir pris à se balader dans les rues d'une Londres recréée avec une précision millimétrée. La ville grouille d'activités et de missions annexes globalement plaisantes. Il faut se promener dans le marché de Camden en quête de profils à recruter, foncer à tombeau ouvert sur le Mall et déraper devant Buckingham Palace, pirater les écrans géants de Picadilly Circus… C'est d'autant plus plaisant que la bande-son, playlist éclectiques de morceaux représentatifs du paysage musical britannique, est de grande qualité.

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Ce Londres est d'autant plus excitant que, malgré l'invasion de gadgets high-tech, cette version futuriste de la capitale britannique est finalement très réaliste. Ubisoft n'a pas versé dans la science-fiction mais a plutôt cherché à implanter concrètement des technologies déjà familières dans la ville. Ainsi va des drones de livraison qui survolent les immeubles, des caméras de surveillance à chaque coin de rue, des voitures autonomes devenues la norme et du ctOs, le système informatique qui relie toutes les infrastructures de la capitale. Mais pas d'hologrammes géants, d'androïdes à visage humain et autres fantasmes à la Blade Runner. Ce Londres pourrait bien être celui des années 2020 et cela rend Watch Dogs Legion encore plus intéressant (et terrifiant).

Un jeu d'une grande richesse

Tout le sel du jeu réside dans la manipulation de cet environnement ultra-technologique pour remplir différentes missions. Et sur ce point, Ubisoft a offert aux joueurs une grande liberté. Si vous devez infiltrer un bâtiment pour accéder à ses serveurs informatiques, vous pouvez, au choix, vous faufiler discrètement par l'entrée, foncer dans le tas avec votre pistolet, grimper sur un drone pour qu'il vous dépose sur le toit, hacker les caméras de surveillance pour opérer à distance ou encore piloter un spiderbot, une araignée-robot capable d'électrocuter les gardes et de se connecter aux systèmes. Une diversité d'approche réjouissante qui compense bien la légère redondance des missions.

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Il faut dire que le scénario n'est pas particulièrement marquant. Après quelques heures, on voit un peu trop les ficelles. Le second souffle réside donc à nouveau dans la ville de Londres. Il y a toujours quelque chose à faire. Et pour qui a déjà visité la capitale britannique, la précision du détail est troublante. Au-delà des monuments incontournables, ruelles, stations de métro, pubs iconiques : tout y est ! Premier jeu d'une telle ampleur conçu pour faire la bascule entre la génération de consoles actuelles et la suivante (il sortira sur Xbox Series X et PS5 en novembre), Watch Dogs Legion offre un aperçu enthousiasmant de la richesse des univers que pourra offrir le jeu vidéo dans l'avenir.