Un jour d’été… un livre - "Une mort qui en vaut la peine"

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© Albin Michel
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Nicolas Carreau met la littérature à l’honneur, tous les jours du mois d’août dans "Le grand journal du soir", entre 18h et 20h. Jeudi, c’est le jour des romans noirs : "Une mort qui en vaut la peine" de Donald Ray Pollock.

Pour vous donner l’ambiance du livre, c’est à mi-chemin entre l’atmosphère des films des frères Coen et de ceux de Tarantino, servi par une écriture à la Mark Twain, le père de Tom Sawyer.

Cane, Cob et Chimney

L’histoire se déroule alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe. L’Amérique n’est pas encore rentrée dans la bataille et nous suivons la famille Jeweet, entre l’Alabama et la Georgie. Il y a le père, une brute taciturne. Il est veuf. Il élève ses fils : Cane, Cob et Chimney. Ensemble, ils survivent. En guise de repas, ils avalent une boule de farine et d’eau frite dans une vieille graisse la veille.

Bandits de grands chemins

Les trois frères sont fascinés par un vieux bouquin qu’ils ont trouvé et qui racontent des histoires de l’ouest. Ils sont tous très différents. Cane est le plus intelligent. Il est le seul à pouvoir lire à peu près. Chimney, c’est le portrait de son père, y compris dans le comportement brutal. Et puis, Cob. Il est gentil et un peu simplet. C’est un peu Averell dans les Dalton.

À la mort de leur père, ils décident de partir à l’aventure et de devenir braqueurs de banque, plutôt que de pourrir sur place. Sauf que ce n’est pas aussi simple que prévu. La chevauchée va se transformer en cavale. C’est une odyssée un peu particulière. Un roman qui vous emmène dans une Amérique sans foi ni loi et violente. Avec un humour génial et désespéré.

Qui est Donald Ray Pollock ?

Il a un parcours fascinant. Il travaillait à l’usine mais il voulait être écrivain. Donald Ray Pollock a réussi à se dégoter une bourse pour étudier. Parallèlement, pour s’entraîner, il copiait des livres de Dostoïevski, pour saisir la gymnastique, la mécanique de l’écriture. Il a publié d’abord un recueil de nouvelles. Remarqué. Puis un premier roman, Le diable tout le temps, un succès, avant donc Une mort qui en vaut la peine publié en 2016.

Europe 1
Par Nicolas Carreau