Que vaut "Les serpents sont-ils nécessaires ?", le livre de Brian De Palma

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Le cinéaste s'essaye à l'écriture dans un thriller, co-écrit avec sa compagne Susan Lehman. Nicolas Carreau nous donne son verdict.
L'AVIS DE

Vous connaissiez Brian De Palma cinéaste ? Le voilà écrivain. Le réalisateur publie un thriller, Les serpents sont-ils nécessaires ?, co-écrit avec sa compagne et journaliste, Susan Lehman. Un roman qui nous plonge au cœur d'une intrigue politique à rebondissements.

Un candidat sympa, mais limité. L'histoire commence avec Barton Brock, directeur de campagne aux sénatoriales de l’Ohio, pour un certain Crump, Joe Crump. Barton Brock est un peu stressé, préoccupé. Son candidat est en mauvaise posture. Pourtant il a des atouts : c’est notamment un vétéran d’Irak, couvert de médailles. En plus il est sympa, le genre de type avec qui on irait bien boire une bière. Le problème, c’est qu’il est un peu limité du point de vue intellectuel. Alors qu’en face, son adversaire, Lee Rogers, est non seulement très apprécié mais c’est une tête.

Une femme, des magouilles. Barton Brock décide donc de la jouer déloyale. Il faut compromettre Lee Rogers à tout prix. C’est faisable. Lee Rogers a un point faible : les femmes. Un soir, Brock tombe sur une jolie serveuse au McDonald, Elizabeth. Brock la recrute pour séduire Lee Rogers et le placer dans une situation compromettante. Mais Elizabeth avoue tout à Lee Rogers. Au lieu de se venger, Lee Rogers engage Brock qu’il trouve assez malin. Tous les deux piègent Elizabeth, elle est envoyée en prison quelques semaines pour racolage puis elle est priée de disparaître et de quitter l’Ohio avec un peu d’argent pour éviter qu’elle n’ébruite les magouilles des deux politiciens.

Un nœud de vipères qui gigote. Toute une galerie de personnages particulièrement bien dessinés gravite dans le roman. Il y a Fanny, une jeune étudiante qui a décidé de suivre Lee Rogers partout avec sa caméra. Il y a Nick aussi, un jeune photographe, puriste dans son art. Ils se croisent dans l’intrigue, des liens se nouent, se dénouent, on dirait un nœud de vipères qui gigote. Les serpents sont-ils nécessaires ? déborde de cynisme, de fausses pistes, de retournement de situations. Le livre se lit comme on regarde un bon Brian de Palma.

Europe 1
Par Nicolas Carreau