Pourquoi dit-on que quelque chose ne "compte pas pour des prunes" ?

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L'expression "compter pour des prunes" remonte au 12ème siècle.
L'expression "compter pour des prunes" remonte au 12ème siècle. © Pixabay
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Chaque jour, Stéphane Bern remonte le temps pour comprendre les origines d'une expression française. Jeudi, l'animateur revient dans l'émission "Historiquement Vôtre" sur l'affirmation "compter pour des prunes", une manière de dire que quelque chose ne vaut rien du tout.

"C'est quand même bien une brune, les brunes de comptent pas pour des prunes." Voilà ce que chantait Lio en 1986, reprenant une expression centenaire. Mais au fait, d'où vient-elle ? Dans l'émission Historiquement Vôtre sur Europe 1, Stéphane Bern s'attaque chaque jour à une nouvelle expression française. Il a choisi d'expliquer, jeudi, pourquoi nous disons que quelque chose "compte pour des prunes" quand ça ne vaut rien.

À l'origine, une croisade du 12ème siècle

Pour comprendre, il faut remonter au 12e siècle. Louis VII est chaud comme une baraque à frites pour croiser le fer dans la ville d’Edesse, située actuellement en Turquie. Car quand l’abbé de Clairvaux décide d’une nouvelle Croisade, le roi de France veut immédiatement prendre la route pour la terre sainte. Mais ce sera un grand échec. L’Empereur Byzantin qui devait lui prêter main forte durant sa croisade se rétracte, son allié germanique Conrad III a subi une lourde défaite contre les Turcs, Louis VII refuse l’aide de Raymond de Poitiers... La croisade est un désastre.

L'Histoire retiendra aussi qu’une nouvelle variété d’arbre est rapportée de Damas : des pruniers. Quelque part, ils n’auront pas combattu pour rien mais pour des prunes ! Maigre consolation ou révolution fruitière, chacun peut choisir la morale de cette histoire. 

Comment se transforme cette expression dans le monde ? 

Les Français sont donc les seuls à parler de prunes pour désigner ce qui n'a aucune valeur. En Russie, les prunes sont remplacées par "pour un merci du tsar", en Grèce il existe l’expression "le trésor était du charbon", et en néerlandais, "voor de kat zijn kut" ce qui signifie "pour le cul du chat". 

Europe 1
Par Stéphane Bern édité par Manon Bernard