Mylène Demongeot : "La curiosité vous maintient en vie"

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Invitée à "La table des bons vivants", l'actrice, actuellement au casting de la série de TF1 "Infidèle", s'est dévoilé côté fourchette.
INTERVIEW

Révélée en 1957 dans le film Les sorcières de Salem, Mylène Demongeot a tenu des rôles populaires comme ceux d'Hélène dans Fantomas ou de Lorette dans la trilogie Camping. Elle est depuis lundi dans la série Infidèle, diffusée sur TF1, où elle joue la mère de Matteo Sandrelli alias Jonathan Zaccaï. En tant que gastronome, l'actrice née à Nice, et "élevée à la polenta et aux gnocchis", était pour l'occasion l'invitée de La table des bons vivants.

Amour en cage. La comédienne ne dédaigne pas les qualificatifs de "bonne vivante", mais avec un bémol : "J'en souffre, parce que les bons vivants ont trop de poids", s'amuse-t-elle. Pour autant, à 83 ans, l'actrice continue de découvrir des produits comme le physalis, ce fruit également nommé "amour en cage" (voir photo ci-dessous). "J’ai trouvé ça exquis", glisse la comédienne, qui souhaite à tout prix rester curieuse. "Grâce à ça, on ne vieillit pas. La curiosité vous maintient en vie", dit celle qui s'est aussi lancée dans l'écriture.

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A table face à Georges Simenon. Côté fourchette et lettres, l'actrice, mariée à Marc Simenon, a eu quelques remous avec son beau-père, l’écrivain Georges Simenon. "Il m’a fait des coups de Trafalgar. Un jour, il m’a obligée à manger de la langue… J’arrive chez lui et il m’avait fait de la langue aux câpres et je détestais ça à l’époque. Et après, il m'avait préparé un blanc-manger, qui est un truc très lourd ! Et je détestais ça. Je me suis toujours demandée s’il ne faisait pas exprès de me faire bouffer ça !", s'exclame encore la comédienne.

Bio et poulailler. Elle fait aujourd'hui très attention à son alimentation : "Moi, je suis bio, bio. Je vais chez les petits producteurs locaux parce que je vis beaucoup à la campagne." Elle avoue se mettre aux fourneaux surtout pour ses convives et rechercher sinon la simplicité. "Si je n’ai pas d’amis, ce que je préfère, c’est des œufs à la coque de mes poules avec un très bon pain, des mouillettes avec du beurre salé."

Elle explique aussi être du côté de ceux qui ne mangent pas de viande tous les jours mais apprécie un bon vin, comme un Côtes du Rhône ou un Languedoc. "Je trouve qu’ils ont fait des progrès extraordinaires."

Le questionnaire des bons vivants

Pour mieux la connaître côté fourchette, l'actrice est passée sur le gril des interrogations de Laurent Mariotte :

-Le goût de votre enfance ?

"La pissaladière. J'ai une passion pour la pissaladière, la bonne. Oignons, anchois, pas trop d'anchois quand même, parce qu'après, ça sale trop. Mais qu'est-ce que c'est bon !"

-Votre plus beau repas ?

"C'est un repas que j'ai fait en Ukraine chez des gens très pauvres, qui avaient une vache. Ils étaient les notables du village. Grâce à la vache, il y avait de la crème, du lait. Ils ont fait des pelmeni, qui sont des raviolis que faisait ma maman qui est Russe. Et nous avons mangé les pelmeni à la crème et après, comme dessert, nous étions huit et nous avons partagé une orange et c'était le sommet du luxe. C'est le plus beau souvenir de ma vie parce que c'est la vraie réalité des gens et le vrai partage."

-Votre pire repas ?

"C'est la honte totale. C'est un repas magnifique chez un très grand chef étoilé. Il y avait tout un menu de cinq ou six plats. Au premier plat qui est arrivé, c'était une soupe aux petits pois extraordinaire, j'ai mangé ma soupe. Et après, je n'avais plus faim. Par politesse, j'ai mangé, j'ai mangé, tout, jusqu'au dessert. Je suis rentrée à la maison, j'ai été malade comme un chien."

-Votre mot préféré en cuisine ?

"Goûteux."

-Quels sont les invités de votre dîner idéal ?

"J'inviterais Michel Onfray avec Périco Légasse, Alain Bougrain-Dubourg et Boris Cyrulnik. Ces quatre-là, je les laisse parler, je me régale." 

-Quel plat emmèneriez-vous sur une île déserte ?

"J’emmènerais une salade où il y aurait des tomates, des melons, des olives. Je mangerais tout ça et je garderais les graines et je planterais les graines et ça repousserait. Finalement, les légumes, c'est quelque chose d'absolument extraordinaire. La Terre est inépuisable si vous faites attention à elle alors que, quand vous mangez de la viande, vous mangez du cadavre, je suis désolée. Vous mangez une bête qui a été tuée. Et il n'y a plus de vie derrière, c'est terminé."

 

-Quel est le dernier plat que vous avez cuisiné ?

"C'est plutôt celui que je vais cuisiner.... des crêpes ! Et je fais des crêpes à tomber par terre ! Je mets de l'eau de fleur d'oranger dedans."

-Le mot de la FAIM ?

"Ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre."