Appel à ne plus manger de viande ou de poisson le lundi : "Ce n'est pas de la privation, c'est de la prise de conscience"

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Signataire d'une tribune appelant les Français au "lundi vert", Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, explique sur Europe 1 ce qui l'a lui-même poussé à diminuer sa consommation de viande et de poisson.
INTERVIEW

Ni viande, ni poisson, un jour dans la semaine. Dans une tribune publiée mercredi sur le site du Monde, 500 personnalités appellent les Français au "lundi vert". Le but ? Encourager le changement de leur comportement alimentaire. Allain Bougrain-Dubourg, lui, n'est ni vegan ni même végétarien. Le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) fait pourtant partie des signataires, tout comme Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand ou encore Juliette Binoche.

"On assiste à des types d'élevage inacceptables". "D'abord, il s'agit de faire reculer la souffrance animale. On assiste à des types d'élevage inacceptables aujourd'hui", souligne cet amoureux des animaux au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1, non sans dénoncer les décisions ambiguës du Parlement français : "La loi Alimentation et Agriculture en octobre dernier a tout simplement retoqué toutes les mesures visant le bien-être animal, comme le fait d'arrêter de castrer des porcelets sans anesthésie ou de broyer des poussins vivants… Ce n'est pas acceptable", s'indigne Allain Bougrain-Dubourg.

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Pour diminuer les gaz à effet de serre. Le président de la LPO dresse un second constat dramatique : l'élevage intensif est responsable de l'essentiel des gaz à effet de serre sur la planète. La production d'un kilo de viande de veau rejette en effet sensiblement la même quantité de gaz à effet de serre qu'un trajet en voiture de 220 kilomètres.

"Très important qu'on puisse se regarder en face". Parce qu'il se "pose des questions", Allain Bougrain-Dubourg a donc décidé de limiter sa consommation de viande et de poisson, et invite les Français à en faire de même. "Ce n'est pas de la privation, c'est de la prise de conscience", souligne-t-il. "Je crois que c'est très important qu'on puisse se regarder en face en se demandant quel rapport on entretient avec le reste du vivant". Les études sur les bénéfices d'un tel changement d'alimentation sont légions. L'une d'elles, réalisée pour le Forum économique mondial et rendue publique jeudi, estime que renoncer au bœuf au profit d'autres sources de protéines "pourrait empêcher des millions de morts inutiles par an".