La recommandation SERIELAND : "The Undoing" sur OCS

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SERIELAND RECO/CONSEIL - "The Undoing", série diffusée à partir du 26 octobre sur la plateforme OCS, ausculte sous des airs de thriller la bourgeoisie new-yorkaise. Avec dans les rôles titres les excellents Nicole Kidman et Hugh Grant, bien servis par une mise en scène léchée.

Cette semaine, l’algorithme de SERIELAND, Margaux Baralon, vous conseille "The Undoing", une série en six épisodes diffusée sur OCS avec Nicole Kidman et Hugh Grant. Tour à tour drame intimiste, thriller trépidant et chronique sociale, la fiction est bien servie par la mise en scène au cordeau de Susanne Bier, réalisatrice danoise.

Grace et Jonathan Fraser ressemblent à s'y méprendre au couple parfait dans la nouvelle série The Undoing, diffusée sur OCS. Elle est une thérapeute de couple réputée qui sauve des amours en perdition, lui un oncologue tout aussi réputé qui sauve des enfants du cancer. Et lorsqu'ils ne sauvent personne, ces deux-là s'aiment et forment avec leur fils Henry la famille bourgeoise new-yorkaise type. Tout ceci n'étant pas matière à faire une bonne série, il faut bien que tout s'effondre.

Drame intimiste et critique sociale

L'effondrement viendra, violemment, avec le meurtre sordide d'Elena Alvès, la mère d'un camarade d'école d'Henry. Au même moment, Jonathan Fraser disparaît. Et Grace doit soudain se rendre à l'évidence : de sa vie si parfaite, de ses certitudes, de son bonheur, il ne reste rien. Son mari si aimant, si loyal, est le principal suspect d'une enquête pour assassinat.

Mais The Undoing est loin de se résumer à une intrigue policière, quand bien même elle en adopte, intelligemment mais sans les réinventer, tous les codes (indices distillés au fur et à mesure, cliffhangers de fin d'épisode insoutenables, révélations au compte-goutte) avant de tourner aussi à la série de procès (répétitions douloureuses avec une avocate pugnace en sus). La série lorgne plus vers le drame intimiste et la critique sociale féroce. En auscultant l'effondrement d'un couple, The Undoing gratte le vernis d'une bourgeoisie qui n'a plus rien du charme discret que lui reconnaissait Buñuel dans les années 1970. Ces riches-là sont vains, vils, à la limite du pathétique tant ils se persuadent de la normalité d'une existence où l'éducation des enfants en école privée coûte 50.000 dollars l'année. 

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La mise en scène s'amuse de cette hypocrisie généralisée, tordant les codes bourgeois pour les rendre effrayants. Les cordes d'un opéra de Vivaldi semblent grincer en bande-son, tandis que les personnages s'étouffent dans leurs vêtements de luxe. Le travail de Susanne Bier, réalisatrice danoise, est ici admirable. Spécialiste des variations de plan pour saisir l'intimité de ses protagonistes, elle découpe savamment les visages, isole les regards furtifs. 

The Undoing est aussi l'occasion, est ça n'est jamais superflu, de rappeler que Nicole Kidman est l'une des plus grandes actrices de sa génération. On a aussi plaisir à voir Hugh Grant poursuivre sa mue vers d'autres rôles que ceux de la comédie dans l'univers de la série, lui qui l'avait déjà montré dans A very english scandal. Mais de jolies partitions sont aussi réservées aux seconds rôles, notamment Lily Rabe et Donald Sutherland, respectivement meilleure amie et père de Grace.