La grande verrière de la cathédrale de Nantes pourrait renaître de ses cendres

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Une vingtaine de chercheurs et étudiants vont s'activer pendant deux semaines, au pied et à l’intérieur de l’édifice, pour récupérer et répertorier le moindre morceau de verre. © Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
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La verrière qui ornait la façade principale de la cathédrale de Nantes, chef-d'oeuvre du 16ème siècle, a été brisée dans l'incendie qui a frappé l'édifice samedi 18 juillet. Mais les experts du patrimoine dépêchés sur place espèrent pouvoir en reconstituer de larges pans.
REPORTAGE

Malgré une révolution, deux guerres mondiales et quelques autres mésaventures, comme un précédent incendie en 1972 et de violentes grêles au début des années 1990, la grande verrière de la cathédrale de Nantes avait quand même tenu bon depuis son installation, en 1507. Samedi dernier, les flammes et la chaleur ont eu raison de ce joyau de l'édifice. Désormais, une armée d'experts et de scientifiques se penchent sur ce qu’ils peuvent encore sauver.

De "beaux morceaux" préservés des flammes

"J’étais vraiment très inquiète quand un témoin m’a dit : 'j’ai entendu un bruit d’ampoule cassée'. J’ai pensé : ohlala, tout a explosé." Claudine Loisel, spécialité des vitraux au Laboratoire de recherche des monuments historiques a d’abord cru à une véritable catastrophe. La scientifique, qui a également travaillé sur Notre-Dame de Paris, est arrivée jeudi à Nantes, où l’attendait plutôt une bonne surprise :  des 25 panneaux composants ce vitrail du 16ème siècle, tout n’a pas disparu.

"On a des beaux morceaux, je pense que l’on pourra refaire certaines têtes de personnages", indique Claudine Loisel. "Evidemment, avec la température du feu, des verres ont fondu. Ils ne sont pas récupérables, mais ils pourront parler, nous donner une information sur leur composition chimique", explique cette restauratrice. 

 

Reconstituer le vitrail d'origine ou créer une nouvelle verrière

Depuis vendredi, une vingtaine de chercheurs et étudiants collectent minutieusement le moindre débris. Cette recherche devrait durer deux semaines. "On va référencer les zones pour lesquelles on retrouve des morceaux, qui seront ensuite stockés dans des caisses", poursuit Claudine Loisel. À partir des pièces retrouvées, on saura s’il est possible de reconstituer tout ou partie du puzzle, ou encore d’incorporer des morceaux du vitrail d’origine dans une nouvelle composition.

Europe 1
Par Charles Guyard, édité par Romain David