IAM en concert sur Arte : "Le groupe écrit toujours, et on est fiers"

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Un concert privé d'IAM, enregistré avant le confinement, est diffusé samedi à 00h50 sur Arte. Invité de l'émission Culture Médias, vendredi sur Europe 1, Akhenaton, l'un des membres du groupe de rap originaire de Marseille, est revenu sur cette expérience "particulière", détaillant et expliquant le choix des morceaux interprétés.
INTERVIEW

Le confinement a interrompu leur tournée, mais ils seront samedi sur Arte. À 00h50 sera diffusé un concert privé d'IAM, enregistré avec public, avant le confinement. "IAM est Dans le club", un concert donné dans une friche industrielle transformée en club éphémère près de la porte d'Aubervilliers, qu'Akhenaton, membre emblématique du groupe et invité d'Europe 1, vendredi, décrit comme "un endroit hallucinant". Au micro de Philippe Vandel, le rappeur a donné un aperçu de ce que les téléspectateurs pourront y retrouver, ou y découvrir.

"Une injection de morceaux de Yasuke au milieu des classiques d'IAM"

"C'était une super soirée", raconte Akhenaton. "Il y avait des gens qui avaient l'habitude de venir à des concerts d'IAM, et qui nous ont dit que c'était vraiment différent et particulier. Les gens étaient très proches".

Plusieurs morceaux de leur dernier album, Yasuke, y sont présentés. "L'ordre des morceaux n'a rien à voir avec la tournée", explique Akhenaton. "On a remanié certaines structures et introduit d'autres morceaux, mais on a fait, au milieu des classiques d'IAM, une injection de morceaux de Yasuke", poursuit-il, précisant combien il est important pour le groupe de montrer qu'il est toujours en activité. "Ça montre que le groupe écrit toujours, et on est fiers de ce dernier album".

L'Empire du côté obscur

Les classiques ont encore toute leur place. Parmi eux, L'Empire du côté obscur, dans lequel Akhenaton et Shurik'n lancent un tranchant "Mars est l'empire, je lance mes troupes à terre, pour éradiquer ce niais de Jean-Claude Gaudin Skywalker". Revenant sur ces paroles, Akhenaton évoque un combat qui a traversé les décennies. "Ceux qui sont présentés comme étant les grands gentils de l'histoire ne sont pas forcément ceux qu'on croit être les gentils, la vie est plus nuancée, compliquée", développe-t-il.

"Il faut dire aux gens qui nous écoutent que tout n'est pas blanc, et tout n'est pas noir : il y a de la nuance partout, et l'absence de nuance ouvre la porte à un tas de faux combats qui ne sont pas constructifs pour le pays et pour les communautés".

Je danse le mia : "il faut savoir faire une pause avec ce titre"

"Horizons cimentés, pickpockets, toxicos. Personnes honnêtes ignorées, superflics, Zorros. Politiciens et journalistes en visite au zoo." Le titre Demain c'est loin (1997) est encore un classique de la première décennie d'existence du groupe IAM, on ne peut plus éloquent sur la vision et le traitement des banlieues, qui résonne encore dans leurs concerts.

"Malheureusement, on s'y déplace que quand il y a des choses pas jolies qui s'y passent", pointe Akhenaton, estimant que le phénomène s'est amplifié avec les chaines d'information en continu. Les thèmes abordés dans les titres de la fin des années 90 ne sont pas passés de mode, et parlent aussi aux nouvelles générations.

Quant à ceux qui s'étonnent de ne pas entendre le célébrissime Je danse le mia, Akhenaton se justifie : "Il y a des moments où il faut savoir faire une pause avec ce titre".

Europe 1
Par Pauline Rouquette