Hogwarts Legacy : pourquoi le dernier jeu Harry Potter est-il boycotté pour transphobie ?

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Le jeu vidéo basé de sur l'univers de Harry Potter est déjà numéro 1 des précommandes sur Amazon, deux jours avant sa sortie officielle. © WARNER BROS GAMES
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Juline Garnier , modifié à
Des fans de Harry Potter appellent au boycott du nouveau jeu autour de l'univers de la saga. En cause : les propos jugés transphobes de l'auteure, JK Rowling, qui entachent le succès du monde des sorciers, créé il y a 25 ans. La rédaction Gamekult, spécialisée dans les jeux vidéo, a de son côté annoncé refuser de tester le jeu. Un boycott justifié ? On fait le point.
DÉCRYPTAGE

C'était l'un des jeux vidéo les plus attendus de l'année, mais sa sortie cette semaine risque d'être entachée par une série de boycotts. Hogwarts Legacy est un jeu vidéo immersif dans le monde de la saga Harry Potter, créée par l'auteure J.K Rowling il y a plus de 25 ans, et à l'origine d'une série de films devenus cultes pour toute une génération. Mais certains propos de J.K Rowling, qui remontent pourtant à 2020, pourraient être la cause d'un boycott massif du jeu. Dans une série de tweets, elle avait ironisé autour d'un article : "'Les personnes qui ont leurs règles'. Je suis sûre qu’on avait un mot pour désigner ces personnes, avant. Que quelqu’un m’aide. Fammes ? Fommes ? Fimmes ?".

La rédaction Gamekult ne testera pas le jeu

Plus tard, elle s'était justifiée maladroitement, mais trop tard pour certains fans car il ne s'agissait pas de la première fois. Alors sur Twitter, le débat fait rage : faut-il boycotter le jeu au nom de ses propos jugés transphobes ? Le débat agite également les rédactions spécialisées dans le jeu vidéo, qui publient des tests à chaque sortie de jeux attendus. Dans un tweet, la rédaction de Gamekult a annoncé, elle aussi, boycotter le jeu.

"Nous refusons de donner un écho à une marque dont le poids économique et médiatique profite à une femme érigée en figure de proue d’un mouvement de haine. Une femme dont l’activisme vise au recul des droits des personnes trans déjà constamment déshumanisées", a-t-elle déclaré. Considérée comme un électron libre dans le monde du jeu vidéo, la rédaction de Gamekult a souvent eu par le passé des positions engagées sur les questions autour des jeux.

Un boycott justifié ?

Difficile de trouver un juste milieu dans la polémique car le jeu ne véhicule pas la même image que l'auteure de l'univers. En effet, les développeurs ont fait en sorte d'être le plus inclusif possible au moment de la création du personnage du joueur. "Dans l'outil de création, il n'y a quasiment rien qui est genré. On peut donc sans problème prendre l'apparence de qui l'on veut. On choisit seulement à la fin si l'on veut être identifié comme sorcier ou comme sorcière. Donc oui techniquement on peut jouer un personnage trans", confirme Meakaya, journaliste pour jeuxvideo.com, qui a réalisé le test du jeu pour la rédaction.

De plus J.K Rowling n'est pas impliquée dans la création du jeu, selon les développeurs qui se sont exprimés : "Il ne s'agit pas d'une nouvelle histoire de J.K Rowling, mais nous avons collaboré étroitement avec son équipe sur tous les aspects du jeu pour nous assurer qu'il reste conforme aux expériences magiques que les fans attendent."

Pour autant, la question reste légitime, selon Meakaya. "C'est justifié dans le sens où acheter le jeu va très probablement permettre à J.K Rowling de toucher des bonus sur les ventes et d'un autre côté, tout le monde sait que le jeu sera un carton et donc c'est un peu une goutte dans l'océan. Donc c'est compliqué…", confie la journaliste. La sortie de Hogwarts Legacy au grand public est prévue ce vendredi 10 février, mais le jeu est déjà numéro 1 des précommandes sur Amazon et la plateforme Steam.