Europe 1 en tête-à-tête avec Sting : "Le jour où je ne serai plus curieux, je ne serai plus un artiste"

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Europe 1 a eu le privilège de passer un moment avec le chanteur Sting, qui lance vendredi sa tournée française par un concert à l'AccorHotels Arena de Paris.
INTERVIEW

Quand il arrive dans la pièce, le bonhomme impressionne. Sting, l’homme qui a vendu plus de 100 millions d’albums, apparaît tranquille, moulé dans un t-shirt blanc, affûté comme un jeune homme. "J’ai eu 68 ans la semaine dernière, mais j’ai toujours l’impression d’en avoir quatorze", plaisante le chanteur.

L’ancien leader de The Police a accepté de recevoir Europe 1, à quelques heures de son concert à l’AccorHotels Arena vendredi soir, coup d’envoi de sa mini tournée française, qui passera notamment par Orléans, Lille ou encore Bordeaux.

Après 45 ans de carrière, le dynamisme et la créativité du chanteur impressionne, quand beaucoup d’artistes pop-rock de sa génération ont succombé à leurs démons. "Je suis content d’être toujours là. Beaucoup de mes amis sont partis déjà. Alors il faut vivre les choses à fond. On ne sait pas ce qui peut se passer demain", relève-t-il. En mai dernier, Sting sortait My Songs, son quatorzième album studio depuis qu’il a lancé sa carrière solo au milieu des années 1980. "Je suis un travailleur, vraiment. J’aime travailler, gagner de l’argent, nourrir ma famille, payer des impôts et j’espère ne jamais m’ennuyer."

"Je suis un artiste populaire, pas culte mais populaire"

Une vitalité qui ferait presque oublier que le chanteur est déjà sept fois grand-père. Rien que ça. "Certains sont trop jeunes pour savoir que je suis une rock-star, mais je ne me présente pas comme tel. Je suis juste le grand-père", sourit-il. "Pour moi, c’est très gratifiant de voir le public dans mes concerts, avec des gens très jeunes, d’autres de mon âge ou plus vieux. Il y a autant d’hommes que de femmes, avec un mélange de toutes les races, de toutes les orientations sexuelles. Je suis un artiste populaire, pas culte mais populaire. Ça a toujours été mon ambition et je profite de ce privilège."

"Curieux du monde qui l’entoure", l’interprète de Roxanne refuse de vivre dans une bulle : "Le jour où je ne serais plus curieux, je ne serais plus un artiste", assure-t-il. Son acuité se porte notamment sur les sujets brûlants d’actualité, comme le Brexit. Le chanteur avait voté contre, et il n’a pas changé d’avis. Particulièrement impliqué dans la défense de l’écologie, Sting n’est pas resté insensible non plus au discours de la jeune Greta Thunberg. "Je pense que son courage et sa colère sont des armes très puissantes. Son discours aux Nations unies était extraordinaire", s’enthousiasme-t-il. "Il faut dire que ma génération a laissé tomber sa génération. On devrait tous se sentir coupable. J’ai déjà vécu l’essentiel de ma vie, pas elle, alors je comprends sa colère. Elle a raison." De quoi, peut-être, inspirer un prochain titre.

Europe 1
Par Jean-Philippe Balasse, édité par Romain David