Dominique Bussereau : "Tintin, tout le monde s’y retrouve"

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Alors qu’une vente aux enchères se prépare vendredi à Paris, avec des oeuvres d’Hergé, Dominique Bussereau, créateur en son temps du Club des parlementaires tintinophiles, explique pourquoi le héros à la houppette fait consensus.
INTERVIEW

Vendredi, à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, de nombreux objets liés à la bande dessinée seront proposés aux enchères. Parmi eux, une planche originale signé Hergé, représentant la couverture de L’ile Noire, l’un des albums de Tintin, a été estimée entre 270.000 et 300.000 euros. Une somme folle, qui confirme que Tintin reste le héros de BD le plus populaire qui soit.

Pour Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France, c’est le caractère universel du héros qui explique sa popularité. "Tintin, tout le monde s’y retrouve", lance-t-il lors de son passage en tant qu’"Invité inattendu" de la matinale d’Europe 1 vendredi.

Et pour illustrer son propos, Dominique Bussereau a un exemple bien concret. Quand il était député de Charente-Maritime, il présida en effet le Club des parlementaires tintinophiles. "Près d’un député sur cinq, lorsqu’on a créé ce club, ont décidé d’y adhérer", assure l’actuel président de Charente-Maritime. "Ça fait du bien dans ce lieu parfois un peu dramatique de l’Assemblée, de voir que sur la personnalité chaleureuse de Tintin et toute son œuvre, tout le monde se rassemble."

"Il y avait Santini qui disait qu’il était centriste, un député gaulliste qu’il était gaulliste, un socialiste qu’il était de gauche…"

Et même une question aussi potentiellement polémique que "Tintin est-il de droite ou de gauche", ne déclenchait pas (trop) les passions. "On n’avait naturellement pas de réponse", sourit Dominique Bussereau. "L’idée, c’était que chacun puisse choisir son Tintin. Donc y avait Santini qui disait qu’il était centriste, un député gaulliste qu’il était gaulliste, un socialiste qu’il était de gauche. Tintin, tout le monde s’y retrouve. Les enfants de 7 à 77 ans, et politiquement, ont peut voir le Tintin un peu de l’époque coloniale dans Tintin au Congo et chez les Tupamaros, Tintin qui soutient plutôt les forces progressistes. Chacun y trouve son enfance et le visage de son enfance qu’il veut retenir."

Maintenant, les sommes avancées pour la vente aux enchères ne sont pas totalement validés par l’ancien député. "C’est fou ! C’est un peu affolant de voir le niveau des prix dans toutes ces enchères qui concernent Tintin. Je trouve qu’il y a quand même une forme d’exagération, même si toute passion entraine des sacrifices", glisse Dominique Bussereau, lui-même collectionneur. "J’ai beaucoup d’objets autour de Tintin, j’ai beaucoup de Tintin dans toutes les langues, j’ai beaucoup de faux Tintin, parce que les faux Tintin, même si la fondation Hergé les déteste, ils sont assez drôles. Il y a même les Tintin pornos, les Tintin chinois…"