Daniel Rondeau : "J'avais un lien mystérieux avec Johnny, une amitié qui n'allait pas de soi"

Johnny Hallyday au début des années 1970.
Johnny Hallyday au début des années 1970. © AFP
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C.O. , modifié à
L'auteur et journaliste Daniel Rondeau, qui a réalisé en avril pour France 2 une interview exclusive du chanteur, se souvient mercredi sur Europe 1 de sa première rencontre avec l'idole des jeunes.
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"C'est une partie de ma vie qui s'en va. Une partie assez importante. J'avais un lien mystérieux avec Johnny. Car cette amitié n'allait pas de soi." Mercredi, dans Melting Pop, sur Europe 1, quelques heures après l'annonce de la mort de Johnny Hallyday, le journaliste et auteur Daniel Rondeau a réagi, très ému, à la disparition de l'"idole des jeunes". Surtout, il est revenu sur sa première rencontre avec le chanteur, à la fin des années 1970 : "Je viens de sortir de l'usine, j'ai publié mon premier livre et pour gagner la vie de ma jeune famille, je fais des piges dans une radio locale qui s'appelle Radio Nord Est", explique-t-il.

"Je comprends ce qu'est une star". Le rédacteur en chef l’envoie alors faire une interview de Johnny à Nancy. "Quand j'arrive, Johnny était enfermé dans sa loge, il ne voulait pas sortir. Tout le public trépignait, tapait des pieds, criait son nom", se souvient Daniel Rondeau. "J'aborde quelqu'un du staff de Johnny. Il était chauffeur, secrétaire et garde du corps de Johnny. Je lui dit que je veux une interview de Johnny et je lui casse tellement les pieds que le type se lève, rentre dans la loge et repart aussitôt. Cinq minutes plus tard, la porte de la loge s'ouvre, Johnny sort. Il portait un blouson de cuir, un pantalon de cuir noir, des boîtes mexicaines assez hautes, une guitare dans le dos. Il avait le visage très sombre et en même temps très beau. A ce moment-là, je me suis dit 'c'est la sainte face de la 'destroyance' rock qui apparaît'. Je comprends ce qu'est une star, car tous les gens qui étaient en backstage étaient plaqués contre les murs lorsqu'il passait", se rappelle-t-il avec précisions.

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"On ne s'est jamais quittés". "Le chauffeur de Johnny avait dû lui dire, 'il y a un casse-pied avec une mèche et un Nagra (un enregistreur) qui veut une interview', car quand Johnny passe devant moi, il s'arrête, me sourit et me lance : 'Tu sais, mon métier ce n'est pas parler, c'est chanter, mais passe dans ma loge après'", poursuit Daniel Rondeau. A la fin de l'interview, le chanteur lui propose de dîner avec lui. "Il avait réservé un restaurant dans une zone commerciale de Nancy. Depuis ce jour-là, on ne s'est jamais quittés. "

"Élégant de propos et d'attitude". C'est donc assez logiquement que le chanteur fait appel à Daniel Rondeau pour réaliser sa dernière interview en avril dernier. A l'époque, le public savait que Johnny Hallyday était malade. "Mais on ne mesurait peut-être pas la gravité", pointe le journaliste. "J'ai trouvé qu'il était absolument magnifique. Il était élégant de propos et d'attitude, lui qui dit toujours qu'il n'a pas de mémoire, il racontait des histoires de façon très précises", assure Daniel Rondeau. "Par exemple, il m'a dit que quand il avait 16-17 ans, il a vécu chez un de ses copains qui était le fils de Jean-Pierre Bloch, un héros de la Résistance. Et il m'a expliqué avoir vu pendant un an François Mitterrand tous les dimanches midi chez les Bloch. Je n'avais jamais entendu ça". 

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