Covid-19 : pourquoi les fermes-auberges ont longtemps été les oubliées de la crise

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De nombreuses fermes-auberges n'ont pas encore reçu d'aides financières pour leur activité de restauration. (Photo d'illustration) 2:40
De nombreuses fermes-auberges n'ont pas encore reçu d'aides financières pour leur activité de restauration. (Photo d'illustration) © Hans Braxmeier/Pixabay
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Malgré les fermetures de leurs salles de restauration à cause du Covid, des fermes-auberges françaises n'ont pas reçu d'aides financières au cours des derniers mois contrairement aux restaurants. Dans l'émission "La table des bons vivants" samedi sur Europe 1, le réalisateur du film "Au nom de la terre" Edouard Bergeon a raconté son combat pour ces professionnels pour qui les choses commencent à bouger.
DÉCRYPTAGE

Elles ont habituellement une activité de restauration et pourtant, contrairement aux restaurants classiques, elles n'ont pas reçu d'aides financières pendant de longs mois malgré les fermetures décidées pour lutter contre le Covid-19. Les fermes-auberges sous statut agricole sont les oubliées de la crise sanitaire en France. "Si juridiquement l’activité de restauration n’est pas indépendante de l’activité agricole, ce n’est pas considéré comme un restaurant", d'où une absence d'aides pour ces professionnels, a expliqué la chroniqueuse Ophélie Neiman, samedi dans La table des bons vivants de Laurent Mariotte sur Europe 1. Mais les choses sont enfin en train de changer, comme l'a rapporté Edouard Bergeon, le réalisateur du film "Au nom de la terre" qui était invité de l'émission.

Des professionnels "pas éligibles au Fonds de solidarité"

Le problème pour ces professionnels est qu'ils "rattachent leurs activités" agricoles et de restauration "ensemble", a souligné Ophélie Neiman. Conséquence : il peut y avoir un "trou dans la raquette" et ces travailleurs ne sont "pas éligibles au Fonds de solidarité", a indiqué Edouard Bergeon. Le réalisateur a cité l'exemple de Maud et Benoît Millet à la tête de la ferme-auberge Le Clos d'Emile à Mornay-sur-Allier, dans le Cher. "Ils ont un restaurant dans lequel ils ont beaucoup investi, 400.000 euros, dans un petit village de 400 habitants", a-t-il décrit. "Ce restaurant est un poumon important de ce village et ils n’ont droit à aucune aide alors qu’ils sont fermés", déplore-t-il. 

Pour Ophélie Neiman, "c’est bien normal" que ces professionnels rassemblent leurs activités sous un même statut juridique. "C'est beaucoup plus pratique pour toutes les démarches administratives. Mais si l’activité agricole ne connaît pas une baisse de chiffre d’affaires suffisante, ils ne sont pas éligibles au dispositif existant et il y a effectivement un problème."

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"Une nouvelle enveloppe va être débloquée"

Pour attirer l'attention sur la situation des fermes-auberges, Edouard Bergeon a envoyé une vidéo de Maud et Benoît Millet au cabinet du ministère de l'Agriculture. Et alerté le député du Cher Loïc Kervran. "Il a parlé à l’Assemblée (nationale) de Maud et Benoît et depuis ça bouge", a raconté Edouard Bergeon. "En fait, ce n'est pas le Fonds de solidarité qui va permettre de régler ce trou dans la raquette, mais il y a une nouvelle enveloppe qui va être débloquée pour toutes ces fermes-auberges et ces commerces multi-activités de la ruralité." Selon le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt, l'étude des dossiers se fera "au cas par cas". Mais le député se bat encore "pour une mesure plus collective", a conclu Edouard Bergeon.

Europe 1
Par Jonathan Grelier