Bonnes adresses : la méthode du Guide du routard pour éviter les avis bidons

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Philippe Gloaguen, co-fondateur du "Guide du routard" est l'invité de "Ça fait du bien" © Guide du routard
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Philippe Gloaguen, co-fondateur du "Guide du routard" révèle quelques secrets du plus célèbre guide de voyage, dans l'émission d'Anne Roumanoff "Ça fait du bien". Et notamment comment il garantie la qualité de ses avis. 
INTERVIEW

Ils ont fait la renommée internationale du Guide du routard. Les critiques du guide, reconnues pour leur qualité, font l'objet de beaucoup de fantasmes et de rumeurs urbaines. Invité de Ça fait du bien, son co-cofondateur Philippe Gloaguen raconte comment il s'assure de ne pas publier d'avis bidonnés.

L'énorme investissement des frais de voyages

À 69 ans, Philippe Gloaguen se réjouit d'Internet, qui selon lui renforce la nécessité de rigueur du Guide. "Ça fait très longtemps qu'on sait qu'on ne peut pas bidonner les lecteurs. Mais c'est d'autant plus vrai maintenant, avec les réseaux sociaux, car les lecteurs sont au courant très vite de tout. Et tant mieux", explique-t-il. "La meilleure des publicités, c'est le bouche à oreille. Plus vous faites de la qualité, mieux le public vous le rend."

À chaque mise à jour d'un guide, Philippe Gloaguen envoie sur place un pigiste, autrement dit un journaliste freelance, pour vérifier que les adresses recommandées maintiennent leur qualité. Ce mode de fonctionnement a un coût : 800.000 euros par an de frais de voyage. "C'est considérable, mais c'est à ce prix-là que les lecteurs nous font confiance", explique le co-fondateur du Routard.

Une seule mauvaise expérience depuis 1975

Selon lui, il était impossible qu'un journaliste pigiste bidonne ses avis. "Si quelqu'un glande et que l'on publie le bouquin, on l'apprend dix jours après par le courrier des lecteurs", garantit-il. "Si les gens ne sont pas satisfaits, on le sait tout de suite."

Le Guide du Routard  n'aurait eu qu'une seule véritable mauvaise expérience depuis sa création, en 1975. "Il nous est arrivé une fois d'être très déçus par un collaborateur, parti couvrir la Thaïlande. Il était jeune, il est parti avec sa copine et il a préféré rester sur les plages plutôt que de vérifier les adresses. On ne peut pas non plus lui en vouloir...", se souvient Philippe Gloaguen, magnanime. "Il a démissionné d'ailleurs, et j'ai décidé avec mon éditrice de pilonner le bouquin et de le refaire." 

Éviter les sites d'avis des Américains

Cette garantie de qualité à tout prix ne se retrouve, selon ce voyageur, pas sur les sites type TripAdvisor. "Ça m'ennuie d'avoir un avis d'un Américain sur un restaurant : il se plante tout le temps. Sur TripAdvisor, le problème est multiplié par 50.000", s'agace-t-il. "On a des sites français qui sont très bien en cuisine, en voyage. On n'a pas besoin des Américains."

Le créateur du Routard cite parmi ces références françaises le guide du Michelin, "concurrent mais ami". Mais aussi certains tour operators. Et, évidemment, le Guide du Routard  et son site Internet. Philippe Gloaguen conseille d'ailleurs un article du site du Guide du routard qui recense les pays dans lesquels on peut se rendre, malgré la crise sanitaire liée au coronavirus. Des conseils plus que jamais d'actualité.

Europe 1
Par Alexis Patri