"Colporter des potins", une expression indiscrète née dans l'hiver normand du 17e siècle

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Extrait du film "Lolita malgré moi" (Mean girls)
Extrait du film "Lolita malgré moi" (Mean girls) © Paramount Pictures
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Dans l'émission d'Europe 1 "Historiquement vôtre", Stéphane Bern se penche sur les racines d'une expression du quotidien. Mercredi, il s'intéresse à l'origine du mot "potin", un mot d'argot qui désigne les rumeurs que l'on s'échange discrètement entre collègues ou entre amis, sur la vie des stars ou celle de notre entourage.

Stéphane Bern propose chaque jour, dans Historiquement vôtre avec Matthieu Noël, de partir à la découverte de ces expressions que l'on utilise au quotidien sans forcément connaître leur origine. Mercredi, l'animateur nous explique les racines des "potins", ces rumeurs que l'on colporte en toute indiscrétion.

Pourquoi, quand on se passionne pour les cancans, les derniers scoops de star ou les rumeurs sur les têtes couronnées, on dit que l'on aime les potins ? Les expressions "faire du potin" ou "colporter les derniers potins" désignent les rumeurs formulées au sujets de personnalités connues, mais aussi pour de collègues. Généralement, on les partage à la machine à café.

Pour comprendre l'origine du mot "potin", partons pour la Normandie du 17e siècle. L'hiver est rude, il fait froid, et (vous l'imaginez bien) il n'y a pas grand-chose ni à la télé, ni à la radio, ni sur Netflix. Résultat, les femmes des villages se rassemblent chez l'une ou l'autre pour se raconter les derniers commérages.

De la potine au potin

Ces dames apportent des petits pots en terre cuite contenant des braises. Elles se mettent en cercle, disposent les pots à leurs pieds. Il fait meilleur et on se raconte les nouvelles. Ces petits pots de braise étaient appelés des "potines". Une expression va naître également à cette période : "potiner". Une formule que l'on n'utilise plus du tout de nos jours.

En 1878, dans le dictionnaire du jargon parisien de Lucien Rigaud, entre le mot "potin". Sa définition ? "Bavardage où un peu de vérité est mêlé à beaucoup de mensonges". Terminons sur cette citation d'Alfred Capus, journaliste au Figaro au début du 20e siècle : "Méprisez la calomnie, prenez garde aux potins ; pardonnez une insulte, mais jamais une impolitesse."

Europe 1
Par Stéphane Bern, édité par Alexis Patri