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A.D
Le chanteur a été une étoile filante dans le monde de la chanson. Le temps d'imprimer la mention culte sur son album Grace.

Il avait dit qu'il serait le mec le plus veinard de la planète ou qu'il serait maudit. La prophétie s'est réalisée peu ou prou dans un laps de temps très court. Jeff Buckley  meurt à 30 ans, après n'avoir sorti qu'un seul album studio, en août 1994. Cette année là, l'artiste a 28 ans et c'est Grace qui débarque chez les disquaires. Un seul album  mais culte. Sur cet opus figure la chanson peut-être encore plus culte Hallelujah (une reprise de Leonard Cohen), celle qui a été utilisée moult fois dans les séries et films américains pour illustrer un moment de tristesse ou de nostalgie. Europe 1 Music Club livre l'histoire de cet album.

Quatre octaves. A se sortie, tous les critiques de rock posent une oreille attentive et bienveillante sur le dique, puisque le beau Jeff Buckley n'est pas le fils d'un inconnu, mais celui de Tim Buckley. Ce père, il ne l'a pas beaucoup connu puisque la rock star avait quitté sa mère pianiste avant que Jeff ne soit né. Mais le nom et l'aura avaient suffi à placer le CD Grace sur le haut de la pile. Au-delà du nom, le CD séduit. C'est une claque, l'album allie puissance rock'n'roll, guitare électrique et surtout une voix qui couvre quatre octaves. La tessiture de Jeff Buckley se rapprochait de celle d'un ténor lyrique comme Pavarotti.

La folie en France. Malgré toutes ces qualités et un succès critique, Grace ne fait pas un carton international au niveau des ventes. En 1994-1995, il se vend à 750.000 exemplaires. En réalité, le public américain n'est pas emballé. En revanche, en France, c'est la folie. L'artiste est dans toutes les émissions de musique. En 1995, il reçoit même le Grand Prix de l'Académie du disque Charles-Cros qui avait auréolé Piaf, Brel, Dylan ou...Leonard Cohen. Durant l'été 1995, Jeff Buckley enregistre même un live à l'Olympia, lui aussi devenu culte (comme celui du Bataclan).

Inspirateur. Avec cet album, Buckley décomplexe les rockeurs et leur montre qu'ils peuvent se permettre d'être sensibles. Beaucoup d'artistes témoignent que sans lui, il n'y aurait peut-être pas eu de Radiohead, de Muse ou de Coldplay. D'après Robert Plant, de Led Zeppelin, Grace est le meilleur album des années 90. Buckley qui avait donc influencé beaucoup de groupes avait confié à la télé française ses propres inspirations : Joni Mitchell, Lou Reed, Leonard Cohen (encore), Bob Dylan.

Adieu. Le public américain commence enfin à s'exciter en 1996. Mais, sort tragique, c'est aussi le moment de faire ses adieux à l'artiste. Le lundi 2 juin 1997, la maison de disques du chanteur annonce dans un communiqué de presse officiel qu'elle est sans nouvelles de Jeff Buckley, porté disparu après une baignade dans une zone portuaire de Memphis, dans le Tennessee.