En Allemagne, une vente aux enchères d'effets personnels d'Hitler fait polémique : "Il fait vendre"

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© FRANCE PRESSE VOIR / AFP
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Quelque 147 objets ayant appartenu à Adolf Hitler ou à d'autres hauts dignitaires nazis doivent être vendus mercredi à Munich. "Hitler fait vendre", reconnait la maison qui organise cette vente aux enchères.

C'est une vente polémique qui doit se tenir mercredi à Munich. Quelque 147 objets personnels ayant appartenu à Adolf Hitler et d'autres hauts dignitaires nazis y sont mis aux enchères. Alors que les associations juives en Allemagne dénoncent cette vente, les prix des effets personnels du dictateur grimpent haut. "Hitler fait vendre", admet sans ambages la maison qui organise cette vente aux enchères. Le chapeau haut-de-forme d'Hitler, avec ses initiales gravées à l'intérieur, sera ainsi mis à prix à 12.000 euros, tandis que le contrat de location de son appartement à Munich en 1933 le sera à 2.500 euros. Parmi les objets à vendre, on trouve également une robe en soie noire ayant appartenu à sa femme Eva Braun. 

"On a toujours peur que ce soient des néo-nazis qui achètent"

La police sera là pour surveiller la vente, pour laquelle seuls les collectionneurs reconnus ont été conviés. Hors de question, en effet, d'accueillir des fanatiques du IIIe Reich. Mais sur internet ou au téléphone, il est clair que les acheteurs ne sont pas toujours de simples collectionneurs, explique Thomas Kirchner, le directeur du Centre allemand d'histoire de l'art à Paris. "On a toujours peur que ce soient des néo-nazis ou des gens d'extrême droite qui achètent ces objets", indique-t-il au micro d'Europe 1. "La dernière fois, une grande partie de la vente est partie en Argentine. Et on connaît bien les liens de ce pays avec le nazisme après 1945. Je suis sûr qu'aucun musée n'achètera quelque chose, en plus les prix sont exorbitants", dit-il encore. 

Beaucoup de ces objets ont été récupérés à l'époque par des soldats américains ou russes, aujourd'hui décédés, et leurs descendants cherchent à s'en débarrasser. 

Europe 1
Par Laure Dautriche, édité par Antoine Terrel