Alain Delon n'est "pas contre" le mariage gay : "Les gens font ce qu'ils veulent"

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Dans une interview au "JDD", Alain Delon se dit "passéiste depuis toujours, depuis l'Indochine".
Dans une interview au "JDD", Alain Delon se dit "passéiste depuis toujours, depuis l'Indochine". © STRINGER / AFP
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Récompensé dimanche d'une Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes, l'acteur exprime cependant dans les colonnes du "JDD" sa réticence vis-à-vis de l'adoption par des couples de même sexe.

Alain Delon répond aux critiques et à la polémique. Dans une pétition, des Américaines de l'association Women and Hollywood l'ont récemment jugé "raciste, homophobe et misogyne". L'acteur estime, dans une interview au Journal du dimanche, que les signataires "ont inventé des déclarations".

"Je suis de droite, point"

Il livre par ailleurs sa position sur plusieurs sujets de société, comme le mariage entre des personnes de même sexe. "Je ne suis pas contre le mariage gay, je m’en fous : les gens font ce qu’ils veulent", affirme celui qui est récompensé dimanche d'une Palme d'or d'honneur du Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière.

En revanche, Alain Delon se positionne dans le JDD contre l'adoption par des couples homosexuels : "Un enfant doit selon moi avoir un papa et une maman." Il récuse par ailleurs avoir harcelé une femme dans sa vie, même s'il reconnaît avoir déjà giflé une femme. 

Sa fin de carrière ? "Je finirai au théâtre"

Côté politique, "on a voulu me coller l’étiquette extrême droite parce que j’ai raconté que j’étais copain avec Le Pen depuis l’armée. Non, je suis de droite, point", insiste-t-il, avec un tempérament "passéiste depuis toujours, depuis l'Indochine".

Il assume également une forme de franc-parler qui lui a "joué des tours" pendant sa carrière : "Quand vous êtes là depuis trop longtemps, vous emmerdez le monde, surtout ici. Le 'il est encore là, celui-là', c’est très français. On n’aime pas le succès qui dure. On a dit des conneries sur moi. (…) Je dis ce que je pense, ça ne plaît pas toujours dans ce milieu."

" Quand vous avez été champion du monde, vous devez éviter le combat ou le film de trop. Je ne le ferai pas "

L'acteur refuse enfin de refermer le livre de sa riche carrière : "Si demain je reçois un beau projet, un truc qui me scotche, je le ferai. Même à 95 ans." Il reste néanmoins prudent pour la suite : "Quand vous avez été champion du monde, vous devez éviter le combat ou le film de trop. Je ne le ferai pas." Tout est écrit, pourtant, pour ses adieux au monde artistique : "Quel que soit le film qui précédera, je finirai ma carrière au théâtre. Tout est prêt, organisé. Ce sera Le Crépuscule d’un fauve, une pièce écrite pour moi par Jeanne Fontaine. Je ne ferai plus rien après."