Abd al Malik : "Je fais partie d'une génération d'écrivains qui pense qu'il faut sauver le monde"

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Chez Anne Roumanoff, l'artiste revient sur son nouveau livre "Méchantes blessures", une fiction dans laquelle le rappeur interroge le monde.
ANNE ROUMANOFF, ÇA FAIT DU BIEN

Trois ans après Camus, l'art de la révolte, Abd al Malik publie un nouveau livre : Méchantes blessures. "Mon premier vrai roman", estime l'artiste au micro d'Europe 1, chez Anne Roumanoff jeudi.

"Est-ce qu'on ne serait pas le résultat de nos blessures ?"

"D'habitude, il y a une part biographique plus importante dans mes livres. Là, c'est vraiment de la fiction, un autre regard aussi", confie le rappeur. Cela fait des années qu'Abd al Malik porte en lui cette histoire. "Une dizaines d'années", affirme-t-il. Méchantes blessures raconte le destin de Kamil, un jeune rappeur noir et musulman, originaire d'une banlieue de Strasbourg. Il se rend à New York pour chercher l'inspiration, s'interrogeant au passage sur la vie, les banlieues, les migrants, le climat ou encore la politique. "Ce que je dis dans le livre c'est : est-ce qu'on ne serait pas le résultat de nos blessures et de traumatismes plus ou moins bien soignés ?", indique Abd al Malik, "l'idée qu'on peut se construire après des blessures."

"On ne peut pas construire sur la haine"

Abd al Malik, une sorte de guérisseur des maux de l'âme avec ce roman Méchantes blessures ? Plutôt "un donneur d'espoir", selon ses propres mots. "Je pense que les écrivains de la génération d'avant avaient cette idée de changer le monde. Moi je fais partie d'une génération d'écrivains qui pense qu'il faut sauver le monde", confie l'artiste. "On ne peut pas construire sur la haine. On peut se sentir soulagé mais on ne peut pas changer le monde avec", estime l'auteur des Autres, "il faut donner la chance aux blessures de cicatriser."

Europe 1
Par Europe1.fr